‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 102 sur 295 · LIVRE II, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IV

des erreurs et des passions qui troublent les États. Enfin, comme il est éloigné, que sa puissance est d’une autre nature que celle des souverains temporels, et qu’il ne demande jamais rien pour lui, on pourrait croire assez légitimement que si tous les inconvénients ne sont pas levés, ce qui est impossible, il en resterait du moins aussi peu qu’il est permis de l’espérer, la nature humaine étant donnée ; ce qui est pour tout homme sensé le point de perfection.

Il paraît donc que, pour retenir les souverainetés dans leurs bornes légitimes, c’est-à-dire pour empêcher de violer les lois fondamentales de l’État, dont la Religion est la première, l’intervention plus ou moins puissante, plus ou moins active de la suprématie spirituelle, serait un moyen pour le moins aussi plausible que tout autre.

On pourrait aller plus loin, et soutenir, avec une égale assurance, que ce moyen serait encore le plus agréable ou le moins choquant pour les souverains. Si le prince est libre d’accepter ou de refuser des entraves, certainement il n’en acceptera point; car ni le pouvoir ni la liberté n’ont jamais su dire : C'est assez. Mais à supposer que la souveraineté se vît irrémissiblement forcée à recevoir un frein, et qu’il ne s’agît plus que de le choisir, je ne serais point étonné qu’elle préférât le Pape à un sénat colégislatif, à une assemblée nationale, etc. ; car les Souverains Pontifes demandent peu aux princes, et les énormités seules attireraient leur animadversion'.

I. Si les étals généraux de France axaient adressé à Louis XIV une priera semblable à celle que les communes d'Angleterre adressèrent, vers la fin du quatorzième siècle, au roi F.douard III { Hum. Ed. III, 1577, chap. xti, in- A, p. 332), je suis persuadé que sa hauteur en eût été choquée beaucoup plus que d’une bulle dounée sous l'anneau du pêcheur, et dirigée à la même fin.

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