‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 103 sur 295 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Caractère distinctif du pouvoir exercé par les Papes.

Les Papes ont lutté quelquefois avec des souverains* jamais avec la souveraineté. L’acte même par lequel ils déliaient les sujets du serment de fidélité déclarait, la Souveraineté inviolable. Les Papes avertissaient les peuples que nul pouvoir humain ne pouvait atteindre le souverain dont l’autorité n’était suspendue que par une puissance toute divine, de manière que leurs anathèmes, loin de jamais déroger à la rigueur des maximes Catholiques sur l’inviolabilité des souverains, ne servaient, au contraire, qu’à leur donner une nouvelle sanction aux yeux des peuples.

Si quelques personnes regardaient comme une subtilité cette distinction de souverain et de souveraineté, je leur sacrifierais volontiers ces expressions dont je n’ai nul besoin. Je dirai tout simplement que les coups frappés par le Saint-Siège sur un petit nombre de souverains, presque toujours odieux, et quelquefois même insupportables par leurs crimes, purent les arrêter ou les effrayer, sans altérer dans l’esprit des peuples l’idée haute et sublime qu’ils devaient avoir de leurs maîtres. Les Papes étaient universellement reconnus comme délégués de la Divinité, de laquelle émane la souveraineté. Les plus grands princes recherchaient dans le sacre la sanction, et, pour ainsi dire, le complément de leur droit. Le premier dé ces souverains dans les idées anciennes, l’empereur allemand, devait être sacré par les mains mêmes du Pape. 11 était censé tenir de lui son caractère auguste, et n’être véritablement empereur que par le sacre. On verra plus bas tout le détail de ce droit public, tel qu’il n’en a jamais existé de plus général, de

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