‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 112 sur 295 · Orsi, lih. I, cap, tu. p. 104 et sqq · texte numérisé non relu

Orsi, lih. I, cap, tu. p. 104 et sqq

DU PAl'E.

çait à s’emparer des têtes italiennes ; toutes ces causes réunies, dis-je, rendaient l’intervention des empereurs absolument indispensable dans le gouvernement des Papes. Mais, à travers cette espèce d’ondulation qui semble balancer le pouvoir en sens contraire, il est aisé, néanmoins , de reconnaître la souveraineté des Papes, qui est souvent protégée, quelquefois partagée de fait, mais jamais effacée. Ils font la guerre, ils font la paix; ils rendent la justice, ils punissent les crimes, ils frappent monnaie, ils reçoivent et envoient des ambassades : le fait même qu’on a voulu tourner contre eux dépose en leur faveur; je veux parler de cette dignité de patrice qu’ils avaient conférée à Charlemagne, à Pépin, et peutêtre même à Charles-Martel; car ce titre n’exprimait certainement alors que la plus haute dignité dont un homme peut jouir sous un maître

Je crains de me laisser entraîner; cependant je ne dis que ce qui est rigoureusement nécessaire pour mettre dans tout son jour un point des plus intéressants de l’histoire. La souveraineté, de sa nature, ressemble au Nil; elle cache sa tête. Celle des Papes seule déroge à la loi universelle. Tous les éléments en ont été mis à découvert, afin qu’elle soit visible à tous les yeux, et vincat cumjudicatur. Il n’y a rien de si évidemment juste dans son origine que cette souveraineté extraordinaire. L’incapacité, la bassesse, la férocité des souverains qui la précédèrent, l’insupportable tyrannie exercée sur les biens, les personnes et la conscience des peuples, l’abandon formel de ces mêmes peuples livrés sans défense à d’impitoyables Barbares; le cri de l’Occident qui abdique l’ancien maître ; la nouvelle souveraineté qui

1 . Palricii dicli Mo sirculo et superioribus , qui provincias cuin summa auctoritale , sub principumjmperio , administrabant. (Marca, de Concord, eacerd. et imp., lib. Xli.) Marca donne ici la formule du serment que prêtait le patrice, et le cardinal Orsi l'a copiée (cap. 11 , p. 23). Il est remarquable qu’à ia suite de cette cérémonie, le patrice recevait le manteau royal et le diadème. ■Vanfum... et aureum circulum in capite. (Ibid., p. 27.)

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