‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 12 sur 295 · LIVRE f, CHAPITRE U · texte numérisé non relu

LIVRE f, CHAPITRE U

faudra seulement changer le symbole et dire : Je crois aux Eglises divisées et indépendantes.

C’est à cette idée monstrueuse qu’on se verra amené pat force { mais bientôt elle se trouvera perfectionnée encore par les princes temporels, qui, s’inquiétant fort peu de cette vaine division patriarcale, établiront l’indépendance de leur Église particulière, et se débarrasseront même du patriarche, comme il est arrivé en Russie, de manière qu’au lieu d’une seule infaillibilité, qu’on rejette comme un privilège trop sublime, nous en aurons autant qu’il plaira à la politique d’en former par la division des États. La souveraineté religieuse, tombée d'abord dn Pape aux patriarches, tombera ensuite de ceux-ci aux synodes, et tout finira par la suprématie anglaise et le protestantisme pur, état inévitable, et qui ne peüt être que plus ou moins retardé ou avoué partout où le Pape ne règne pas. Admettez une fois l’appel de ses décrets, il n’y a plus de gouvernement, plus d’Utiité, plus d’Église visible.

C’est pour n’avoir pas saisi des principes aussi évidents que des théologiens du premier ordre, tels que Bossuet et Fleury, par exemple, ont manqué l’idée de l’infaillibilité, de manière à permettre au bon sens laïque de sourire en les lisant.

Le premier nous dit sérieusement que la doctrine de l’infaillibilité n’a commencé qu’au Côncile de Florence ‘;et Fleury, encore plus précis, nomme le dominicain Cajetan comme l’auteur de cette doctrine, sous le pontificat de Jules IL

On ne comprend pas comment des hommes, d’ailleurs si distingués, ont pu confondre deux idées aussi différentes que celles de croire et de soutenir un dogme.

L’Église catholique n’est point argumentatrice de sa nature : elle croit sans disputer, car la foi est une croyance par amour, et l’amour n’argumente point.

f. Uist. de Bossuet , Pièces justifie, du VI* li v . , p. 391.

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