‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 125 sur 295 · ld., ibid., ami. i · texte numérisé non relu

ld., ibid., ami. i

solument de recevoir des laïques l’investiture des évéchés et des abbayes, il n’y eut qu’une voix pour approuver tant le décret que la sentence d’excommunication. Il y avait à ce concile au moins qninze archevêques, deux cents évêques de France, d’Espagne, d’Angleterre et d’Allemagne même. Le roi de France était présent, et Suger approuvait.

Ce fameux ministre ne parle d’Henri V que comme d’un parricide dépourvu de tout sentiment d’humanité; et le roi de France promit au Pape de l’assister de toutes ses forces contre l’empereur

Ce n’est point ici un caprice du Pape; c'est l’avis de toute l’Église, et c’est encore celui de la puissance temporelle la plus éclairée qu’il fût possible de citer alors.

Le pape Adrien IV donna un second exemple de l’extrême attention qui était indispensable alors pour distinguer des choses qui ne pouvaient ni différer davantage, ni se toucher de plus près. Ce Pape ayant avancé, peut-être sans y bien réfléchir, que l’empereur (Frédéric Ier) tenait de lui le bénéfice de la couronne impériale, ce prince crut devoir le contredire publiquement par une lettre circulaire; sur quoi le Pape, voyant combien ce mot de bénéfice avait excité d’alarmes, prit le parti de s’expliquer, en déclarant que par bénéfice il avait entendu bienfait *.

Cependant l’empereur d’Allemagne vendait publiquement les bénéfices ecclésiastiques. Les prêtres portaient les armes *; un concubinage scandaleux souillait l’ordre sacerdotal; il ne fallait plus qu’une mauvaise tête pour anéantir le sacerdoce, en proposant le mariage des prêtres comme un remède à de plus grands maux. Le

t. Maimbourg, ffist. de la Dêcad. de l’emp., t. II, Ut. IV, ann. 1119.

2. Il serait inutile de parler ici latin, puisque notre langue se prêle à représenter exactement cette redoutable thèse de grammaire.

3. Maimbourg, ibid., liv. III, ann. 1074. — « Frédéric ternit, par plusieurs

• actes de tyrannie, l’éclat de ses belles qualités. Il se brouilla sans raison avec

• dilTereuts Papes ; il saisit le revenu des bénéfices vacants, s’appropria la nomi-

• nation aux évéchés, et fît ouvertement un trafic simoniaque de ce qui était sacré.» (Vies des Saints, trad. de l’anglais, in-8, t. Ul, p. 5iî, Siiht Guldik, 18 avril.)

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