LIVRE II, CHAPITRE VII
Saint-Siège seul put s’opposer au torrent, et mettre au moins l’Église en état d’attendre, sans une subversion ' totale, la réforme qui devait s’opérer dans les siècles suivants. Écoutons encore Voltaire, dont le bon sens naturel fait regretter que la passion l’en prive si souvent :
« Il résulte de toute l’histoire de ces temps-là que la n société avait peu de règles certaines chez les nations oc- « cidentales; que les États avaient peu de lois, et que « l’Église voulait leur en donner \ »
Mais, parmi tous les Pontifes appelés à ce grand œuvre, saint Grégoire VII s’élève majestueusement,
Quantum lenta soient inter viburna cupressi.
Les historiens de son temps, môme ceux que leur naissance pouvait faire pencher du côté des empereurs, ont rendu pleine justice à ce grand homme. « C’était, dit a l’un d’eux, un homme profondément instruit dans les « saintes lettres, et brillant de toutes les sortes de ver- <( tus ’. » — « Il exprimait, dit un autre, dans sa conte duite toutes les vertus que sa bouche enseignait aux « hommes » et Fleury, qui ne gâte pas les Papes, comme on sait, ne refuse point cependant de reconnaître que saint Grégoire VII « fut un homme vertueux, né « avec un grand courage, élevé dans la discipline mo- « nastique la plus sévère, et plein d’un zèle ardent pour « purger l’Église des vices dont il la voyait infectée,
« particulièrement de la simonie et de l’incontinence « du clergé *. »
Ce fut un superbe moment, et qui fournirait le sujet d’un très-beau tableau, que celui de l’entrevue du Ca-
1. Voltaire, Essai sur l'Hisl ■ gèn., 1. 1, ch. au, p. 50. î. Firtim sacris litleris enuiitissimum et omnium Hrtutvm généré celeberrimum. (Lambert de Schafnahourg, le plus fidèle des historien, de ce temps-là.) — Mairobourg. Hist. de la Décad. de l'emp., ann. 1 07 1 ad 1076.
3. Quod rerbo docuit exemplo declaravit. (Olhon de Frisingue , ibid.,
»nn. 1073.) Le témoignage de cet annaliste n'est pas suspect. t