‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 127 sur 295 · Disc, sur l’Dist. eccl ., III, n" 17, et IV, n · texte numérisé non relu

Disc, sur l’Dist. eccl ., III, n" 17, et IV, n

nossa près de Reggio, en 1077, lorsque ce Pape, tenant l’Eucharistie entre ses mains, se tourna du côté de l’empereur, et le somma de jurer, comme il jurait luimême, sur son salut étemel, de n’avoir jamais ayi qu’avec une pureté parfaite d’intention pour la gloire de Dieu et le bonheur des peuples; sans que l’empereur, oppressé par sa conscience et par l’ascendant du Pontife, osât répéter la formule ni recevoir la communion.

Grégoire ne présumait donc pas trop de lui-même, lorsqu’en s’attribuant, avec la conscience intime de sa force, la mission d’instituer la souveraineté européenne, jeune encore à cette époque et dans la fougue des passions, il écrivait ces paroles remarquables : «Nous avons « soin, avec l’assistance divine, de fournir aux empe- « reurs, aux rois et aux autres souverains, les armes « spirituelles dont ils ont besoin pour apaiser chez eux « les tempêtes fougueuses de l’orgueil. »

C’est-à-dire, je leur apprends qu’un roi n’est pas un tyran. — Et qui donc le leur aurait appris sans lui '?

Maimbourg se plaint sérieusement de ce que « l’hu- « meur impérieuse et inflexible de Grégoire VU ne put « lui permettre d’accompagner son zèle de celte belle « modération qu’eurent ses cinq prédécesseurs ». »

Malheureusement, la belle modération de ces Pontifes ne corrigea rien, et toujours on se moqua d’eux. Jamais la violence ne fut arrêtée par la modération. Jamais les puissances ne se balancent que par des efforts contraires. Les empereurs se portèrent contre les Papes à des excès inouïs dont on ne parle jamais : ceux-ci à leur

1. fmperatoribus et regibus, cxterisque principibus , ut elationes maris et superbia ■ f Inclus comprimtre raleant arma liumilitatis, Deo auctore, providers curamus. C'est cependant de ce grand homme que Voltaire a osé dire :

• L'Eglise l’a mis au nombre des saints, comme les peuples de l'antiquité déi—

• fiaient leurs défenseurs ; et les sages l’ont mis au nombre des fous., (T. III, ch. *lvi, p. 44.' — Grégoire VII un fou ! et fou au jugement des sages, comme les anciens défenseurs des peuples !! En vérité, — mais on ne réfute pas un fou (ici l’expression est exacte); il suffit de le présenter et de le laisser dire.

î. Hist. de la üécad. de Vétnp., liv. III, ann. 1073.

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