‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 128 sur 295 · LIVRE II, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VII

tour peuvent quelquefois avoir passé envers les empereurs les bornes delà modération, et l’on fait grand bruit de ces actes un peu exagérés que l’on présente comme des forfaits. Mais les choses humaines ne sont point autrement. Jamais aucun amalgame politique n’a pu s’opérer autrement que par le mélange de différents éléments qui, s’étant d’abord choqués, ont fini par se pénétrer et se tranquilliser.

Les Papes ne disputaient point aux empereurs l’investiture par le sceptre, mais seulement l’investiture par la crosse et Vanneau. Ce n’était rien, dira-t-on. Au contraire, c’était tout. Et comment se serait-on si fort échauffé de part et d’autre, si la question n’avait pas été importante? Les Papes ne disputaient pas même sur les élections, comme Maimbourg le prouve par l’exemple de Suger Ils consentaient de plus à l’investiture jmr le respect; c’est-à-dire qu’ils ne s’opposaient point à ce que les prélats, considérés comme vassaux, reçussent de leur seigneur suzerain, par l’investiture féodale, ce mère et mixte empire (pour parler le langage féodal), véritable essence du fief, qui suppose de la part du seigneur féodal une participation à la souveraineté, payée, envers le seigneur suzerain qui en est la source, par la dépendance politique et la loi militaire *.

Mais ils ne voulaient point d’investiture par la crosse et par Vanneau, de peur que le souverain temporel, en

Page 1