Hist. delà Décad., etc., Ut. III, ann
2. Voltaire est excessivement plaisant sur le gouvernement féodal..** On a t longtemps recherché, dit-il, l'origine de ce gouvernement; il est à croire qu’il • n’en a point d'autre que l’ancienne coutume de toutes les nations d'imposer un hommage et un tribut au plus faible. • (Essai, t. I, ch, xxxvin, p. 5 12. (Voila ce que Voltaire savait sur ce gouvernement qui fut, comme l'a dit Montesquieu avec beaucoup de vérité, un moment unique dan» l’histoire. Tous les ouvrages sérieux de Voltaire, s'il en a fait de sérieux, étincellent de traits semblables ; et il est utile de les faire remarquer, afin que chacun soit bien convaincu que nul degré d’esprit et de talent ne saurait donner à aucun homme le droit de parler de ce qu'il ne sait pas. ■ Les empereurs et les rois ne prétendaient pas donner le « Saint-Esprit, mais ils voulaient l'hommage du temporel qu'ils auraient donné. « On se battit pour une cérémonie indifférente. > ( Id., ibid., ch. xlvi.) Voltaire n’y comprend rien.
nu pàpë.
sè servant de ces deux signes religieux pour la cérémonie de l’investiture, n’cût l’air de conférer lui-même le titre et la juridiction spirituelle, en changeant ainsi le bénéfice en fief; et, sur ce point, l’empereur se vit à la fin obligé de céder Mais, dix ans après, Lothaire revenait encore à la charge et tâchait d’obtenir du pape Innocent II le rétablissement des investitures par la crosse et l’anneau (H 31), tant cet objet paraissait, c’est-à-dire était important !
Grégoire VII alla sans doute sur ce point plus loin que les autres Papes, puisqu’il se crut en droit de contester au souverain le serment purement féodal du prélat vassal. Ici on peut voir une de ces exagérations dont je parlais tout à l’heure ; mais il faut considérer l’excès que Grégoire avait en vue. Il craignait le fief qui éclipsait le bénéfice. Il craignait les prêtres guerriers. Il faut se mettre dans le véritable point de vue, et l’on trouvera moins légère cette raison alléguée au concile de Châlons-sur-Saône (1073), pour soustraire les ecclésiastiques au serment féodal , que les mains qui consacraient le corps de Jésus-Christ ne devaient point se mettre entre des mains trop souvent souillées par l’effusion du sang humain, peut-être encore par des rapines ou d'autres crimes\ Chaque siècle a ses préjugés et sa manière de voir d’après laquelle il doit être jugé. C’est un insupportable sophisme du nôtre de supposer constamment que ce qui serait condamnable de nos jours l’était de môme dans les temps passés, et que Grégoire VII devait en agir avec Henri IV comme en agirait Pie VII envers Sa Majesté l’empereur François II.
i. tlisl. de la Dr Cad., etc., li v. Itt, atifl. Ilîl,
î. On sait que le vassal, en prêtant le serment qui précédait l'investiture, tenait scs mains jointes clans celles de sou seigneur. The council declàred exécrable that pure hand* U’hich rould c*batk oon, etc. (Hume’ls William Rufus, ch. v.) Il faut remarquer en passant la belle expression errer Dieu. Nous avons beau répéter que l'assertion ce pain est Dieu ne saurait appartenir qu’à un insensé, (Bossuet, J loi. des Variai., liv. Il, n* 3), les protestants finiront peut-être euxmêmes avant que finisse le reproche qu'ils nous adressent.