‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 132 sur 295 · LIVRE II, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VII

« se fit sacrer, et obligea le Pape à lui faire serment de « fidélité*. Les Allemands tenaient donc les Romains « subjugués , et les Romains brisaient leurs fers dès « qu’ils le pouvaient1 2. » Yoilà tout le droit public de l’Italie pendant ces temps déplorables , où les hommes manquaient absolument de principes pour se conduire. « Le droit de succession môme (ce palladium de la « tranquillité publique) ne paraissait alors établi dans « aucun État de l’Europe3. Rome ne savait ni ce qu’elle « était, ni à qui elle était4 5 6 7. L’usage s’établissait de « donner les couronnes, non par le droit du sang, mais « par le suffrage des seigneurs *. Personne ne savait ce « que c’était que l’Empire *. Il n’y avait pas de lois en « Europe ’. On n’y reconnaissait ni le droit de naissance, « ni le droit d’élection; l’Europe était un chaos dans « lequel le plus fort s’élevait sur les ruines du plus « faible, pour être ensuite précipité par d’autres. Toute « l’histoire de ces temps n’est que celle de quelques a capitaines barbares qui disputaient avec des évêques « la domination sur des serfs imbéciles 8 9 10.

« Il n’y avait réellement plus d’Empire , ni de droit « ni de fait. Les Romains, qui s’étaient donnés à Charle- « magne par acclamation , ne voulurent plus recou- « naître des bâtards, des étrangers à peine maîtres « d’une partie de la Germanie. C’était un singulier Emo pire romain *. Le corps germanique s’appelait le saint « Empire romain, tandis que réellement il n’était ni « saint, ni empire, ni romain ". Tl parait évident que le « grand dessein de Frédéric II était d’établir en Italie le

1. Voltaire, Essai sur l’Ilist. grn., t. I, eli. mu, p. 52 t.

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