‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 133 sur 295 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

« trône des nouveaux Césars, et il est bien sûr, au moins, « qu'il voulait régner sur l'Italie sans borne et sans par- « tage , C’est le nœud secret de toutes les querelles qu’il « eut avec les Papes ; il employa tour à tour la souci plesse et la violence, et le Saint-Siège le combattit « avec les mêmes armes1. Les Guelfes, ces partisans de « la papauté , et encore ples de la liberté , balan- « cèrent toujours le pouvoir des Gibelins, partisans de « l’Empire. Les divisions entre Frédéric et le Saint- « Siège n’eürent jamais la religion pour objet j, u

De quel front le même écrivain, oubliant ces aveux solennels, s’avise-t-il de nous dire ailleurs : « Depuis « Charlemagne jusqu’à nos jours, la guerre de l’Empire « et du sacerdoce fut le principe de toutes les révolu- « tions ; c'est là le fil qui conduit dans ce labyrinthe de « l’histoire moderne 3 . »

En quoi, d’abord, l’histoire moderne est-elle un labyrinthe plutôt que l’histoire ancienne?

J’avoue , pour mon compte, y voir plus clair , par exemple, dans la dynastie des Capets que dans celle des Pharaons ; mais passons sur çetto fausse expression , bien moins fausse que le fond des choses. Voltaire convenant formellement que la lutte sanglante des deux partis en Italie était absolument étrangère à la religion, que veut-il dire avec son fitl'i II est faux qu’il y ait eu une guerre proprement dite entre l' Empire et le sacerdoce. On ne cesse de le répéter pour rendre le sacerdoce responsable de tout le sang versé pendant cette grande lutte ; mais, dans le vrai, ce fut une guerre entre l’Allemagne et l’Italie, entre l’usurpation et la liberté, entre le maître qui apporte des chaînes et l’esclave qui les repousse, guerre dans laquelle les Papes firent leur devoir de princes italiens et de politiques sages en pre-

1. C'est-à-dire arec l’épée et la politique. Je voudrait bicu savoir quelles armes uouvctles ou a iuveutées dés lors, et ce que devaient faire les Papes à l'époque dont uous parlous. (Voltaire, f, II, ch. xlii, p, 08.)

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