‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 14 sur 295 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

à croire, mais à disputer sur l 'infaillibilité Les contestations élevées sur la suprématie du Pape forcèrent d’examiner la question de plus près, et les défenseurs de la vérité appelèrent cette suprématie infaillibilité, pour la distinguer de toute autre souveraineté; mais il n’y a rien de nouveau dans l’Église, et jamais elle ne croira que ce qu’elle a toujours cru. Bossuet veut-il nous prouver la nouveauté de cette doctrine? qu’il nous assigne une époque de l’Église où les décisions dogmatiques du Saint-Siège n’étaient pas des lois ; qu’il efface tous les écrits où il a prouvé le contraire avec une logique accablante, une érudition immense, une éloquence sans égale; qu’il nous indique surtout le tribunal qui examinait ces décisions et les réformait.

Au reste, s’il nous accorde, s’il nous prouve, s’il nous démontre que les décrets dogmatiques des Souverains Pontifes ont toujours fait loi dans T Église, laisons-le dire que la doctrine de l’infaillibilité est nouvelle : qu’est-ce que cela nous fait ?

1 . Le premier appel an futur concile est celui qui fut émis par Taddée au nom de Frédéric II, en 1245. On dit qu’il y a du doute sur cet appel, parce qu'il fut fait ou Pape et au concile plus général. On veut que le premier appel incontestable soit celui de Duplessis, émis le 13 juin 1303; mais celui-ci est semblable à l'autre, et montre lin embarras excessif. Il est fait au concile et au Saint-Siège apostolique, et ci celui et à ceux ii qui et auxquels il peut et doit être le mieux porté de droit. (Nat. Alex, in sec. XUIet XIV, art. 5, § 1 1.) Dans les quatre-vingts ans qui suivent, on trouve huit appels dont les formules sont : Au Saint-Siège, au sacré Collège, au Pape futur, au Pape mieux informé , au concile, au tribunal de Dieu, à la très-sainte Trinité, à Jésus-Christ enfin. (Yoyer le doct. Marchetti, Crit. de Fleury, dans l'appendice, p. Î57 et 260.) Ces inepties valent la peine d'être rappelées; elles prouvent d'abord la nouveauté de ces appels, et ensuite l'embarras des appelants, qui ne pouvaient confesser plus clairement l'absence de tout tribunal supérieur au Pape, qu'en portant sagement l'appel d la très-sainte Trinité.

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