LIVRE U, CHAPITRE IX
mœurs corrompues-, il fallait donc chercher ce frein indispensable hors de chez eux. Ce frein se trouva et ne pou» vait se trouver que dans l’autorité des Papes. Il n’arriva donc que ce qui devait arriver.
Et que veut dire ce grand raisonneur, en nous disant, d’une manière conditionnelle, que ce frein, si nécessaire aux peuples, aurait pu être, par une convention universelle, dans la main du Pape? Il y fut en effet, non par une convention expresse des peuples, qui est impossible, mais par une convention tacite et universelle, avouée par les princes mêmes comme par les sujets, et qui a produit des avantages incalculables.
Si les Papes ont fait quelquefois plus ou moins que Voltaire ne le désire dans le morceau cité, c’est que rien d’humain n’est parfait, et qu’il n’existe pas de pouvoir qui n’ait jamais abusé de ses forces. Mais si, comme l’exigent la justice et la droite raison, on fait abstraction de ces anomalies inévitables, il se trouve que les Papes ont en effet réprimé les souverains , protégé les peuples, apaisé les querelles temporelles par une sage intervention , averti les rois et les peuples de leurs devoirs, et frappé d'ana thème les grands attentats qu’ils n avaient pu prévenir .
On peut juger maintenant l’incroyable ridicule de Voltaire qui nous dira gravement dans le môme volume, et à quatre chapitres seulement de distance : « Ces quête relies (de l’Empire et du sacerdoce) sont la suite néces- « sa ire de la forme de gouvernement la plus absurde à a laquelle les hommes se soient jamais soumis : cette u absurdité consiste à dépendre d’un étranger \ »
Comment donc, Voltaire ! vous venez de vous réfuter d'avance et de soutenir précisément le contraire. Vous avez dit que « cette puissance étrangère était réclamée u hautement par l’intérét du genre humain; les peuples, « privés d’un protecteur étranger, ne trouvant chez eux,