I. Voltaire, Essai, elc., t. II, ch. uv
« pour tout appui, que des mœurs souvent corrompees « et des lois souvent méprisées. »
Ainsi, ce même pouvoir, qui est au chapitre soixantième ce qu’on peut imaginer de plus désirable et de plus précieux, devient au chapitre soixante-cinquième ce qu’on a jamais vu de plus absurde.
Tel est Voltaire, le plus misérable des écrivains lorsqu’on ne le considère que sous le point de vue moral , et, par cette raison même , le meilleur témoin pour la vérité lorsqu’il lui rend hommage par distraction.
Il n’y a rien de plus raisonnable, il n’y a rien de plus plausible qu’une influence modérée des Souverains Pontifes sur les actes des princes. L’empereur d’Allemagne, même sans Etat, a pu jouir d’une juridiction légitime sur tous les princes formant l’association germanique : pourquoi le Pape ne pourrait-il pas de même avoir une certaine juridiction sur tous les princes de la chrétienté? Il n’y a là certainement rien de contraire à la nature des choses. Si cette puissance n’est pas établie, je ne dis pas qu’on l’établisse, c’est de quoi je proteste solennellement; mais si elle est établie, elle sera légitime comme toute autre, puisque aucune puissance n’a d’autre fondement. La théorie est donc pour le Pape ; et de plus, tous les faits sont d’accord.
Permis à Voltaire d’appeler le Pape un étranger , c’est une de ses superficialités ordinaires. Le Pape, en sa qualité de prince temporel, est sans doute, comme tous les autres, étranger hors de ses États; mais comme Souverain Pontife, il n’est étranger nulle part dans l’Église catholique, pas plus que le roi de France ne l’est à Lyon ou à Bordeaux.
Il y avait des moments bien honorables pour la cour de Rome, c’est encore Voltaire qui parle. Si les Papes avaient toujours usé ainsi de leur autorité, ils eussent été les législateurs de l'Europe '.