‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 144 sur 295 · LIVRE II, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE IX

Sr, c’est un fait attesté par l’histoire entière de ces temps reculés, que les Papes ont usé sagement et justement de leur autorité, assez souvent pour être les législateurs de l'Europe; et c’est tout ce qu’il faut.

Les abus ne signifient rien; car, « malgré tous les « troubles et tous les scandales, il y eut toujours, dans « les rits de l’Église romaine, plus de décence, plus de «gravité qu’ailleurs; l’on sentait que cette Église, « quand elle était libre 1 et bien gouvernée , était « faite pour donner des leçons aux autres5. Et dans « l’opinion des peuples , un évêque de Rome était « quelque chose de plus saint que tout autre évê- « que *. »

Mais d’où venait donc cette opinion universelle qui avait fait du Pape un être plus qu’humain, dont le pouvoir purement spirituel faisait tout plier devant lui ? Il faut être absolument aveugle pour ne pas voir que l’établissement d’une telle puissance était nécessairement impossible ou divin.

Je ne terminerai point ce chapitre sans faire une observation sur laquelle il me semble qu’on n’a point assez insisté; c’est que les plus grands actes de l’autorité qu’on puisse citer de la part des Papes, agissant sur le pouvoir temporel, attaquaient toujours une souveraineté élective, c’est-à-dire une demi-souveraineté à laquelle on avait sans doute le droit de demander compte, et que même on pouvait déposer s’il lui arrivait de malverser à un certain point.

Voltaire a fort bien remarqué que l’élection suppose nécessairement un contrat entre le roi et la nation 1 2 3 4, en sorte que le roi électif peut toujours être pris à partie

1 . C'est un grand mot ! A certains princes qui se plaignaient de certains Papes, on aurait pu dire : S'ils ne sont pas aussi bons qu'ils devraient l'être, c'est parce que ro us les aeez faits.

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