‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 145 sur 295 · Id., ibid · texte numérisé non relu

Id., ibid

et être jugé. 11 manque toujours do ce caractère sac'.é qui est l’ouvrage du temps; car l’homme ne respecte v réellement rien de ce qu’il a fait lui-méme. Il se rend justice en méprisant ses œuvres, jusqu’à ce que Dieu les ait sanctionnées par le temps. I.a souveraineté étant donc en général fort mal comprise et fort mal assurée dans le moyen âge, la souveraineté élective en particulier n’avait guère d’autre consistance que celle que lui donnaient les qualités personnelles du souverain : qu’on ne s’étonne donc point qu’elle ait été si souvent attaquée, transportée ou renversée. Les ambassadeurs de saint Louis disaient franchement à l’empereur Frédéric II, en 1239 : « Nous croyons que le roi de France,

« notre maître, qui ne doit le sceptre des Français « qu’à sa naissance , est au-dessus d’un empereur (t quelconque qu’une élection libre a sel'jlb porté sur le « trône »

Cette profession do foi était très-raisonnable. Lors donc que nous voyons les empereurs aux prises avec les Papes et les électeurs, il ne faut pas nous en étonner ; ceux-ci usaient de leur droit, et renvoyaient les empereurs tout simplement parce qu’ils n’en étaient pas contents. Aussi tard que le commencement du quinzième siècle, ne voyons-nous pas encore l’empereur Venceslas légalement déposé comme négligent, inutile , dissipateur , indigneI. 2 P Et môme, si l’on fait abstraction de l’éligibilité qui donne, comme je l’observais tout à l’heure, plus de prise sur la souveraineté, on n’avait point encore mis en question alors si le souverain ne peut être jugé pour aucune cause. Le môme siècle vit déposer solennellement, outre l’empereur Venceslas, deux rois d’An-

I. Credimus dominum nostrum regem Galliw, r/iiem linea rcgii sanguinis provexil ad sceptra Francurum regenda , exrellcnliorem esse aliV/uo imperafore quem sala ehclio prorehil volunlaria. (Maiiubourg, ad ann. 1230.)

S. Ces epilhètes étaient faibles pour le bourreau de salut Jean Ne(«miuceoe ; mais si le Pape avait eu alors le pouvoir d'effrayer Venceslas, celui-ci serait mort sur son trône, et serait mort moins coupable.

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