‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 165 sur 295 · I.IVRE II, CMAMTRR XII · texte numérisé non relu

I.IVRE II, CMAMTRR XII

Maimbourg, par exemple* qu’on a trop déprécié, et qui me paraît, en général, assez sage et impartial dans son Histoire de la décadence de l'Empire, etc., nous dit, en parlant de Grégoire VII : « S’il avait pu s’aviser de « faire quelque bon concordat avec l’empereur, sem- « blable à ceux qu’on a faits depuis fort utilement, il « aurait épargné le sang de tant de millions d’hommes « qui périrent dans la querelle des investitures l. »

Rien n’égale la folie de ee passage. Certes, il est aisé de dire dans le dix-septième siècle comment il aurait fallu faire un concordat dans le onzième avec des prin» ces sans modération, sans foi et sans humanité.

Et que dire de ces tant de millions d’hommes sacrifiés à la querelle des investitures, qui ne dura que cinquante ans, et pour laquelle je ne crois pas qu’on ait versé une goutte de sang 2 * * * * * ?

Mais si le préjugé national vient à sommeiller un instant chez le même auteur, la vérité lui échappera, et il nous dira sans détour, dans le même ouvrage :

« Il ne faut pas croire que les deux factions se fissent « ta guerre pour la religion.... Ce n’étaient que la haine « et l’ambition qui les animaient les unes contre les au- « 1res pour s’entre-détruire 8. »

Les lecteurs qui n’ont lu que les livres bleus ne sauraient s’arracher de la tête le préjugé que les guerres de cette époque eurent lieu à cotise des excommunications , et que sans les excommunications on ne se serait pas battu. C’est la plus grande de toutes les erreurs. Je l’ai dit plus haut, on se battait avant, on se battait après. La paix n’est pas possible partout où la souveraineté n’est pas assurée. Or, elle ne l’était point alors. Nulle part

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