‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 166 sur 295 · I. Maimbourg, ann · texte numérisé non relu

I. Maimbourg, ann

î. La dispute commença avec Ilcuri sur la simonie, l’empereur voulant mettre

les bénéfices ecclesiastiques à l'enc«n , et faire de l'Eglise uu lief relevant de sa

couronne, et Grégoire VU voulant le contraire. Quant aux investitures, on voit

d'un côte la violence et de d'autre une résistance pastorale plus ou moins malheu-

reuse. Jamais le sang n'a coulé pour cet objet.

J. Maimbourg, Ittst- de la Uéçad., anu, 1317,

elle ne durait assez pour se faire respecter. L’Empire môme, étant électif, n’inspirait point cette sorte de respect qui n’appartient qu’à l’hérédité. Les changements, les usurpations, les vœux outrés, les projets vastes, devaient être les idées à la mode, et réellement ces idées régnaient dans tous les esprits. La vile et abominable politique de Machiavel est infectée de cet esprit de brigandage; c’est la politique des coupe-gorges qui, dans le quinzième siècle encore, occupait une foule de grandes tôles. Elle n’a guère qu’un problème : Comment un assassin pourra-t-il en prévenir un autre ? Il n’y avait pas alors en Allemagne et en Italie un seul souverain qui se crût propriétaire sûr de ses États et qui ne convoitât ceux de son voisin. Pour comble de malheur, la souveraineté morcelée se livrait par lambeaux aux princes en état de l’acheter. Il n’y avait pas un château qui ne recélât un brigand ou le fds d’un brigand. La haine était dans tous les cœurs, et la triste habitude des grands crimes avait fait de l’Italie entière un théâtre d’horreurs. Deux grandes factions que les Papes n’avaient nullement créées divisaient surtout ces belles contrées. « Les « Guelfes, qui ne voulaient pas reconnaître l’Empire, se « tenaient toujours du côté des Papes contre les empe- « reurs'. » Les Papes étaient donc nécessairement Guelfes, et les Guelfes étaient nécessairement ennemis des antipapes, que les empereurs ne cessaient d’opposer aux Papes. Il arrivait donc nécessairement que ce parti était pris pour celui de l’orthodoxie ou du papisme (s’il est permis d’employer dans son acception simple un mot gâté par les-sectaires). Muratori même, quoique très-tiMpérial, appelle souvent dans ses Annales cf Italie , peutêtre sans y faire attention, les Guelfes et les Gibelins, des noms de catholiques et d e schismatiques1 -, mais, on le répète encore, les Papes n’avaient point fait les Guelfes.

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