‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 172 sur 295 · Xetlrei sur iUistoirc , lett. XLVit, p · texte numérisé non relu

Xetlrei sur iUistoirc , lett. XLVit, p

admire froidement comme le soleil , parce qu’on le voit tous les jours.

Je ne dis rien de la logique qui argumente de ces fameuses paroles, mon royaume n’est pas de ce monde, pour établir que le Pape n’a jamais pu sans crime exercer aucune juridiction sur les souverains. C’est un lieu commun dont je trouverai peut-être l’occasion de parler ailleurs; mais ce qu’on ne saurait lire sans un sentiment profond de tristesse, c’est l’accusation intentée contre les Papes d 'avoir provoqué les nations au meurtre. Il fallait au moins dire à la guerre ; car il n’y a rien de plus essentiel que de donner à chaque chose le nom qui lui convient. Je savais bien que le soldat tue, mais j’ignorais qu’il fût meurtrier. On parle beaucoup de la guerre sans savoir qu’elle est nécessaire, et que c’est nous qui la rendons telle. Mais sans nous enfoncer dans cette question, il suffit de répéter que les Papes, comme princes temporels, ont autant de droit que les autres de faire la guerre, et que s’ils l’ont faite (ce qui est incontestable), et plus rarement et plus justement, et plus humainement que les autres, c’est tout ce qu’on a droit d’exiger d’eux. Loin d’avoir provoqué à la guerre, ils l’ont, au contraire, empêchée de tout leur pouvoir; toujours ils se sont présentés comme médiateurs, lorsque les circonstances le permettaient; et, plus d’une fois, ils ont excommunié des princes ou les en ont menacés pour éviter des guerres. Quant aux excommunications, il n’est pas aisé de prouver, comme nous l'avons vu, qu’elles aient réellement produit des guerres. D’ailleurs le droit était incontestable, et les abus purement humains ne doivent jamais être pris en considération. Si les hommes se sont servis quelquefois des excommunications comme d’un motif pour faire la guerre, alors même ils se battaient malgré les Papes, qui jamais n’ont voulu ni pu vouloir la guerre. Sans la puissance temporelle des Papes, le monde politique ne pouvait aller; et plus cette puissance aura d’action, moins il y

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