‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 179 sur 295 · LIVRE If, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE If, CHAPITRE XV

Art. G. Le» falsificateurs de lettres apostoliques .■

Art. 7. Les fournisseurs d’armes et munitions de guerre de toute espèce aux Turcs , aux Sarrasins et aux hérétiques.

Art. 8. Ceux qui arrêtent les provisions de bouche et autres quelconques qu'on porte à Rome pour l’usage du Pape.

| Art. 9. Ceux qui tuent, mutilent dépouillent ou emprisonnent les personnes qui se rendent auprès du Pape ou qui en reviennent.

Art. 10. Ceux qui traiteraient de même les pèlerins que leur dévotion conduit à Rome.

Art. H. Ceux encore qui se rendraient coupables des mêmes violences envers les cardinaux , patriarches , archevêques , évêques et légats du Saint-Siège *.

Art. 12. Ceux qui frappent, spolient ou maltraitent quelqu’un à raison des causes qu’il poursuit en cour romaine *.

Art. 13. Ceux qui, sous prétexte d’une appellation frivole, transportent les causes du tribunal ecclésiastique au séculier.

Art. 14*. Ceux qui portent tes causes bêncficiales et de dîmes aux cours fauptes.

Art. to. Ceux qui amènent des ecclesiastiques dans ces tribunaux.

légal, le Pape décidé qu’On ne pourra ni l'augmenter ni en établir de nouveau-*, hors les eas prévus par la loi nationale, ou dans les caa imprévus et absolument extraordinares en vertu d’une dispense du Saint-Siège. — Il faut, je le dis à ma grande confusion, qu'à force d’avoir lu ces infamie»,

Je me sois fait un front qui ne rougit jamais;

éar je les transcris san* le moindre mouvement de honte, et mime, en vérité, il me semble que j’y prends plaisir.

t. Les quatre articles précédents peignent le siècle qui les rendit nécessaires. Quel homme de nos jours imaginerait d’arrêter les provisions destinées au Pape? d’attendre au passage pour les dépouiller, les mutiler ou les tuer, des voyageurs qui Se rendent auprès du Pape, des pèlerins, des cardinaux, ou enlin des légats du Saint-Siège, etc.? Mais, encore une fois, les actes des souverains ne doivent jamais être jugés sans égard aus temps et aux lieut auxquels ils se rapportent, et quand les Papes seraient allés trop loin dans ces différentes dispositions, il faudrait dire : Ils allèrent trop loin, et ce serait assei. Jamais il ne pourrait être question d’exclamations oratoires, ni surtout de rougeur.

2. D’un côté, on frappe, on spolie, on maltraite ceux qui vont plaider à Rome, et de l’autre, on excommunie ceux qui frappent, qui spolient ou qui maltraitent. Où est le tort, et qui doit être blâmé? Si tous les yeux ne se fermaient pas volontairement. tous les yeux verraient que, lorsqu'il y a des torts mutuels, le comble de l’injustice est de ne les voir que d’uu coté; qu'il n'y a pas moyen d’eviter ces combats , et que la fermentation qui trouble le via est un préliminaire indispensable de la clarification.

Art. IG. Ceux qui dépouillent les prélats de leur juridiction légitime.

Art. 17. Ceux qui séquestrent les juridictions ou revenus appartenant légitimement au Pape.

Art. 1 8. Ceux qui imposent sur l’Église de nouveaux tributs sans la permission du Saint-Siège.

Art. 19. Ceux qui agissent criminellement contre les pi'étres dans les causes capitales , sans la permission du Saint-Siège.

Art. 20. Çeux qui usurpent les pays, les terres de la souveraineté du Pape.

Le reste est sans importance.

La voilà donc cette fameuse bulle In cœna Domini ! Chacun est à même d’en juger; et je ne doute pas que tout lecteur équitable qui l’a entendu traiter de monument honteux dont on n’ose citer les expressions , ne croie sans hésiter que l’auteur de ce jugement n’à pas lu la bulle, et que c’est même la supposition la plus favorable qu’il soit possible de faire à l’égard d’un homme d’un aussi grand mérite. Plusieurs dispositions de la bulle appartiennent à une sagesse supérieure, et toutes ensemble auraient fait la police de l’Europe au quatorzième siècle. Les deux derniers Papes , Clément XIV et Pie VI, ont cessé de la publier chaque année, suivant l’usage antique. Puisqu’ils l’ont fait, ils ont bien fait. Ils ont cru sans doute devoir accorder quelque chose aux idées du siècle; mais je ne vois pas que l’Europe y ait rien gagné. Quoi qu’il en soit, il vaut la peine d’observer que nos hardis novateurs ont fait couler des torrents de sang pour obtenir, mais sans succès, des articles consacrés par la bulle, il y a plus de trois siècles, et qu’il eût été souverainement déraisonnable d’attendre de la concession des souverains.

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