‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 180 sur 295 · CHAPITRE XYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYI

Digression sur la juridiction ecclésiastique.

Les derniers articles de la bulle In cœna Dornini roulent presque entièrement, comme on vient de le voir, sur la juridiction ecclésiastique. On a mille et mille fois accusé cette puissance d’avoir empiété sur l’autre, et d’attirer toutes les causes à elle, par des sophismes appuyés sur le serment apposé aux contrats, etc. J’aurais parfaitement repoussé cette accusation , en observant que dans tous les pays et dans tous les gouvernements imaginables, la direction des affaires appartient naturellement à la science, que toute science est née dans les temples et sortie des temples; que le mot de clergie étant devenu dans l’ancienne langue européenne synonyme de celui de science , il était tout à la fois juste et naturel que Je clerc jugeât le laïque, c’est-à-dire que la science jugeât l’ignorance, jusqu’à ce que la diffusion des lumières rétablit l’équilibre; que Pinlluence du clergé dans les affaires civiles et politiques fut un grand bonheur pour l’humanité, remarqué par tous les écrivains instruits et sincères; que ceux qui ne rendent pas justice au droit canonique ne l’ont jamais lu; que ce code a donné une forme à nos jugements, et corrigé ou aboli une foule de subtilités du droit romain qui ne nous convenaient plus, si jamais elles furent bonnes; que le droit canonique fut conservé en Allemagne, malgré tous les efforts de Luther, par les docteurs protestants, qui l’ont enseigné, loué et même commenté; que, dans le treizième siècle , il avait été solennellement approuvé par un décret de la diète de l’Empire, rendu sous Frédéric II, honneur que n’obtint jamais le droit romain ', etc.

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