Livre ni, chapitre I
S. M. B. fit demander au Pape quelques élèves de la Propagande pour la langue chinoise ; ce que le Saint- Père s’empressa d’accorder. Le cardinal Borgia, alors à la tète de la Propagande, pria à son tour lord Macarleney de vouloir bien profiter de la circonstance pour recommander à Pékin les missions catholiques. L’ambassadeur le promit volontiers et s’acquitta de sa commission en homme de sa sorte; mais quel fut son étonnement d’entendre le collao ou premier ministre lui répondre que l’empereur s’étonnait fort de voir les Anglais protéger au fond de l'Asie une religion que leurs pères avaient abandonnée en Europe! Cette anecdote, que j’ai apprise à la source, prouve que ces hommes sont instruits plus que nous ne le croyons , des choses mêmes auxquelles ils pourraient nous paraître totalement étrangers. Qu’un prédicateur anglais s’en aille donc à la Chine débiter à ses auditeurs que le christianisme est la plus belle chose du monde, mais que cette religion divine fut malheureusement corrompue dans sa première jeunesse par deux grandes apostasies, celle de Mahomet en Orient, et celle du Pape en Occident; que l’une et l’autre ayant contr mencé ensemble et devant durer douze cent soixante ans l’une et l’autre doivent tomber ensemble et touchent à leur fin ; que le mahométisme et le catholicisme sont deux corruptions parallèles et parfaitement du même genre , et qu’il ny a pus dans l’univers un homme portant le nom de chrétien qui puisse douter de la vérité de cette prophétie \ Assurément,
t. fin effet, les étions der.ant fouler aux pieds la tille sainte pendant iî mois ( Apoc XI, 2). il est clair que par les nations il faut entendre les Mahomttans. De plus, 42 mois font t260 jours, de 30 jours chacun, ceci est évident. Mais chaque jour signifie un sn, donc 1260 jours valent 1260 an»; or, si l’on ajoute ces 1260 ans à 622, date de l’hégire, on a 1862 ans; donc le mahométisme ne peut durer au delà de l’an 1882. Or, la corruption papale doit finir avec la corruption mahométaoe ; donc, etc. C'est le raisonnement de M. Buchanan q te j’ai cité plus haut. (Pages 1 99 à 20 1 .)
2. Quand on pense que ces inconcevables folies souillent encore au dix-neuvième siècle les ouvrages d’uuc foule de théologiens anglais, tels que les docteurs Paubeney, Paber, Cuningham, Buchanan, Hartley, père, etc., ou ne contemple point sans une religieuse terreur t’abime d'égarement où le plus juste des châtiments plonge la plus criminelle des révoltes Le moderne AUila, moins civilisé qu»
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le mandarin qui entendra ces belles assertions prendra le prédicateur pour un fou et se moquera de lui. Dans tous les pays infidèles, mais civilisés, s’il existe des hommes capables de se rendre aux vérités du christianisme, ils ne nous auront pas entendus longtemps avant de nous accorder l’avantage sur les sectaires. Voltaire avait ses raisons pour nous regarder comme une secte qui dispute avec les autres ; mais le bon sens non prévenu s’apercevra d’abord que d’un côté est l’Église une et invariable, et de l’autre l’hérésie aux mille têtes. Longtemps avant de savoir son nom, ils la connaissent elle-même et s’en défient.
Notre immense supériorité est si connue qu’elle a pu alarmer la Compagnie des Indes. Quelques prêtres français, portés dans ces contrées par le tourbillon révolutionnaire, ont pu lui faire peur. Elle a craint qu’en faisant des chrétiens ils ne fissent des Français. (Je ne serai contredit par aucun Anglais instruit.) La Compagnie des Indes dit sans doute comme nous : Que votre royaume arrive , mais c’est toujours avec le correctif : Et que le nôtre subsiste.
Que si notre supériorité est reconnue en Angleterre, la nullité du clergé anglais, sous ce rapport, ne l’est pas moins.
« Nous ne croyons pas, disaient, il y a peu d’années, « d 'estimables journalistes de ce pays, nous ne croyons « pas que la société des missions soit l’œuvre de « Dieu... caron nous persuadera difficilement que Dieu « puisse être l’auteur de la confusion, et que les dogmes « du christianisme doivent être successivement annou- * cés aux païens par des hommes qui non-seulement vont
le premier, renverse de sou trône le Souverain Pontife, le fait prisonnier et s’empare de ses Etats. Tout de suite la tète des écrivains s'enflamme, ils croient que c’en est fait du Pape et que Dieu n’a plus de moyens pour se tirer de là. Les voilà donc qui composent des in-octavo sur l'accomplissement dts prophéties ; mais pendant qu'on les imprime, la puissance et le vœu de l'Europe reportent le Pape sur son tiôee * et, tranquille dans la ville éternelle, il prie pour les auteurs de tes livres insensés.