LIVRE III, CHAPITRE I
mains secourables n’étaient-elles pas constamment étendues pour guérir les maux enfantés par nos vices, et pour rendre les brigands européens moins odieux à ces peuples lointains? Que n’a pas fait saint Xavier '? Les jésuites seuls n’ont-ils pas guéri une des plus grandes plaies de l’humanité *? Tout a été dit sur les missions du Paraguay, de la Chine, des Indes, et il serait superflu de revenir sur des sujets aussi connus. Il suffît d’avertir que tout l’honneur doit en être accordé au Saint-Siège. « Voilà, disait le grand Leibnitz, avec un noble senli- « ment bien digne de lui; voilà la Chine ouverte aux « jésuites; le Pape y envoie nombre de missionnaires. « Notre peu d’union ne nous permet jxis d’ entreprendre ces « grandes conversions *. Sous le règne du roi Guillaume, <c il s’était formé une sorte de société en Angleterre qui « avait pour objet la propagation de l’Évangile; mais « jusqu’à présent elle n’a pas eu de grands succès \ »
Jamais elle n’en aura et jamais elle n’en pourra avoir, sous quelque nom qu’elle agisse, hors de l’unité; et non-seulement elle ne réussira pas, mais<?//e ne fera que du mal, comme nous l’avouait tout à l’heure une bouche protestante.
« Les rois, disait Bacon, sont véritablement inexeu- « sables de ne point procurer, à la faveur de leurs ar-
1 . A Paulo tertio Indix destinatus, multos passim loto Oriente christianos ad meliorem frur/em revocavit, et iimumeros propemodum populos ignorantiæ tenebris involutos ad C/irisli /idem addux.it. Nam prœter Indos, Brachmanes , et Malabaras, tpse primus Pararis , Malais, Jais, Acenis, Mindanats, Moluceneibus et Japonibus, mullis editis miraculis et exantelatis laboribus Evaïugelii lucem intulit. Perlustrala tandem Japonia, ad Sinas profecturus , in tnsula Sanciana obiit. ^Voyez son office dans le Bréviaire de Paris, 2 décembre.) Les voyages de saint François Xavier sont détaillés à la lin de sa Vie écrite par le père Boubours, et méritent grande attention. Arrangés de suite, ils auraient fait trois fois le tour du globe, il mourut à quarante-six ans, et n'en employa que dix à l'exécution de ses prodigieux travaux; c’est le temps qu’employa César pour asservir et dévaster les Gaules.