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CHAPITRE II

Liberté civile des hommes.

Nous avons vu que le Souverain Pontife est le chef naturel, le promoteur le plus puissant, le grand Démiurge de la civilisation universelle; ses forces sur ce point n’ont de bornes que dans l’aveuglement ou la mauvaise volonté des princes. Les Papes n’ont pas moins mérité de l’humanité par l’extinction de la servitude, qu’ils ont combattue sans relâche et qu’ils éteindront infailliblement sans secousses, sans déchirements et sans danger, partout où on les laissera faire.

Ce fut un singulier ridicule du dernier siècle que celui de juger de tout d’après des règles abstraites, sans égard à l’expérience ; et ce ridicule est d’autant plus frappant, que ce môme siècle ne cessa de hurler en môme temps contre tous les philosophes qui ont commencé par les principes abstraits, au lieu de les chercher dans l’expérience.

Rousseau est exquis lorsqu’il commence son Contrat social par cette maxime retentissante : L’homme est né libre, et partout il est dans les fers.

Que veut-il dire? il n’entend point parler du fait apparemment, puisque dans la même phrase il affirme que partout l'homme est dans les fers Il s’agit donc du droit; mais c’est ce qu’il fallait prouver contre le fait.

Le contraire de cette folle assertion, l’homme est né libre , est la vérité. Dans tous les temps et dans tous les

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