I. Dans les fers! Yojcz le poêle
lieux, jusqu’à l’établissement du christianisme, et môme jusqu’à ce que celte religion eût pénétré suffisamment dans les cœurs, l’esclavage a toujours été considéré comme une pièce nécessaire du gouvernement et de l’état politique des nations, dans les républiques comme dans les monarchies, sans que jamais il soit tombé dans la tète d’aucun philosophe de condamner l’esclave, ni dans celle d’aucun législateur de l’attaquer par des lois fondamentales ou de circonstances.
L'un des plus profonds philosophes de l’antiquité, Aristote, est môme allé, comme tout le monde lé sait, jusqu’à dire qu’il y avait des hommes qui naissaient esclaves, et rien n’est plus vrai. Je sais que dans notre siècle il a été blâmé pour celte assertion; mais il eût mieux valu le comprendre que de le critiquer. Sa position est fondée sur l’histoire entière, qui est la politique expérimentale, et sur la nature de l’homme, qui a produit l’histoire.
Celui qui a suffisamment étudié cette triste nature sait que l'homme en général, s’il est réduit à lui-méme, est trop méchant pour être libre.
Que chacun examine l’homme dans son propre cœur, et il sentira que partout où la liberté civile appartiendra à tout le monde, il n’y aura plus moyen, sans quelque secours extraordinaire, de gouverner les hommes en corps de nation.
De là vient que l’esclavage a constamment été l’état naturel d’une très-grande partie du genre humain, jusqu’à l’établissement du christianisme; et comme le bon sens universel sentait la nécessité de cet ordre de choses, jamais il ne fut combattu par les lois ni par le raisonnement.
Un grand poôte latin a mis une maxime terrible dans la bouche de César :
Le genre humain fst fait pour quelques hommes
I, IJumanum paucit vivil genut. (Lucan., Phart.)