‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 195 sur 295 · LIVRE Iir, CHAPITRE H · texte numérisé non relu

LIVRE Iir, CHAPITRE H

Cette maxime se présente sans doute, dans le sens que lui donne le poète, sous un aspect machiavélique et choquant; mais, sous un autre point de vue, elle est très-juste. Partout le très-petit nombre a mené le grand; car sans une aristocratie plus ou moins forte, la souveraineté ne l’est plus assez.

Le nombre des hommes libres dans l’antiquité était de beaucoup inférieur à celui des esclaves. Athènes avait quarante mille esclaves et vingt mille citoyens A Rome, qui comptait, vers la fin de la république, environ un million deux cent mille habitants, il y avait à peine deux mille propriétaires J, ce qui seul démontre l’immense quantité d’esclaves. Un seul individu en avait quelquefois plusieurs milliers à son service *. On en vit une fois exécuter quatre cents d’une seule maison, en vertu de la loi épouvantable qui ordonnait à Home que, lorsqu’un citoyen romain était tué chez lui, tous les es- ^ claves qui habitaient sous le môme toit fussent mis à mort 4.

Et lorsqu’il fut question de donner aux esclaves un habit particulier, le sénat s’y refusa, de peur qu’ils ne vinssent à se compter \

D’autres nations fourniraient à peu près les mômes exemples, mais il faut abréger. Il serait d’ailleurs inutile de prouver longuement ce qui n’est ignoré de personne, que l’univers, jusqu’à l’époque du christianisme, a toujours été couvert d’ esclaves, et que jamais les sages n’ont blâmé cet usage. Cette proposition est inébranlable.

Mais enfin la loi divine parut sur la terre. Tout de suite elle s’empara du cœur de l’homme, et le changea d’une manière faite pour exciter l’admiration éternelle

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