‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 199 sur 295 · LIVRE III, CHAPITRE III. 2G · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III. 2G

nées dans le monde. A quoi servent les religieux ? ont dit tant d’imbéciles. Comment donc ? Est-ce qu’on ne peut servir l’État sans être revêtu d’une charge? et n’est-ce rien encore que le bienfait d’enchaîner les passions et de neutraliser les vices? Si Robespierre, au lieu d’être avocat, eût été capucin, on eût dit aussi de lui en le voyant passer : Bon Dieu! à quoi sert cet homme? Cent et cent écrivains ont mis dans tout leur jour les nombreux services que l’état religieux rendait à la société ; mais je crois utile de le faire envisager sous son côté le moins aperçu, et qui certes n’était pas le moins important, comme maître et directeur d’une foule de volontés, comme suppléteur inappréciable du gouvernement , dont le plus grand intérêt est de modérer le mouvement intestin de l’État, et d’augmenter le nombre des hommes qui ne lui demandent rien.

Aujourd’hui, grâce au système d’indépendance universelle et à l’orgueil immense qui s’est emparé de toutes les classes, tout homme veut se battre, juger, écrire, administrer, gouverner. On se perd dans le tourbillon des affaires; on gémit sous le poids accablant des écritures : la moitié du monde est employée à gouverner l’autre sans pouvoir y réussir.

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