LIVRE III, CHAPITRE III
« admet dans l’ordre sacré par accident plutôt que par « choix '? »
Qui ne serait frappé de la décision d’un homme si bien placé pour voir les choses de près, et si ennemi d’ailleurs du système catholique?
Quoiqu’il m’en coûtât trop d’appuyer sur les suites du système contraire, je ne puis cependant me dispenser d’insister sur l'absolue nullité de ce sacerdoce dans son rapport avec la conscience de l’homme. Ce merveilleux ascendant qui arrêtait Théodose à la porte du temple, Attila devant celle de Rome, et Louis XIV devant la table sainte; cette puissance, encore plus merveilleuse, qui peut attendrir un cœur pétrifié et le rendre à la vie ; qui va dans les palais arracher l’or à l’opulent insensible ou distrait, pour le verser dans le sein de l’indigence; qni affronte tout, qui surmonte tout, dès qu’il s’agit de consoler une âme, d’en éclairer ou d’en sauver une autre; qui s’insinue doucement dans les consciences pour y saisir des secrets funestes, pour en arracher la racine des vices; organe et gardienne infatigable des unions saintes; ennemie non moins active de toute licence; douce sans faiblesse, effrayante avec amour; supplément inappréciable de la raison, de la probité, de l’honneur, de toutes les forces humaines au moment où elles se déclarent impuissantes; source précieuse et intarissable de réconciliation, de réparations, de restitutions, de repentirs efficaces, de tout ce que Dieu aime le plus après l’innocence, debout à côté du berceau de l’homme qu’elle bénit; debout encore à côté de son lit
\ . Qun quidem cognito, non erit difficile intellectu, an et quomodo docloribus Ecclesiæ permissa tint conjvgia. Scilicet, mea quidem sententia, non permissa unguA*, prxl erqaam si nécessitas obvenerit, eaque magna; uli sicul ii (sic) qui ad hoemunus priesto sunt ab usu matrimonii temperare sibinequeant atque hoc expetant, meliores vero dignioresque desint : ideoque Ecctesia taies irtkmpebamtss, poslquam uxores duxerint , casa potins non détecta, sacro ordini adsciscat. (Met., arch. Twer. Liber historicus, etc., Prol., c. I, p. 6.) Il faut bien observer que l'archevêque parle toujours au présent, et qu'il a visiblemeut en vue les usages de son Eglise telle qu’ü la voyait de son temps. Cet oracle grec paraîtra sans doute : rbU*. aigrelet du*/.
de mort, en lui disant, au milieu des exhortations les plus pathétiques et des plus tendres adieux Par-
tez...; cette puissance surnaturelle ne se trouve pas hors de l’unité. J’ai longtemps étudié le christianisme hors de cette enceinte divine. Là, le sacerdoce est impuissant et tremble devant ceux qu’il devrait faire trembler. A celui qui vient lui dire : J’ai volé , il ne sait pas dire : Restituez. L’homme le plus abominable ne lui doit aucune promesse. Le prêtre est employé comme une machine. On dirait que ses paroles sont une espèce d’opération mécanique qui efface les péchés, comme le savon fait disparaître les souillures matérielles : c’est encore une chose qu’il faut avoir vue pour s’en former une idée juste. L’état moral de l’homme qui invoque le ministère du prêtre est si indifférent dans ces contrées, il y est si peu pris en considération, qu’il est très-ordinaire de s’entendre demander en conversation : Avezvous fait vos pâques? C’est une question comme une autre, à laquelle on répond oui ou non , comme s’il s’agissait d’une promenade ou d’une visite qui ne dépend que de celui qui la fait.
Les femmes, dans leurs rapports avec ce sacerdoce, sont un objet tout à fait digne d’exercer un œil observateur.
L’anathème est inévitable. Tout prêtre marié tombera toujours au-dessous de son caractère. La supériorité incontestable du clergé catholique tient uniquement à la loi du célibat.
Les doctes auteurs de la Bibliothèque Britannique se sont permis sur ce point une assertion étonnante, qui mérite d’être citée et examinée :
« Si les ministres du culte catholique, disent-ils, « avaient eu plus généralement l’esprit de leur état, « dans le vrai sens du mot, les attaques contre la reli- « gion n’auraient pas été aussi fructueuses... Hcureuse- « ment pour la cause de la religion, des mœurs et du « bonheur d’une population nombreuse , le clergé an-