‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 239 sur 295 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Autres considérations particulières sur l’empire d’Orient.

Le Pape est revêtu de cinq caractères bien distincts, car il est évôque de Rome, métropolitain des Églises suburbicaires, primat d’Italie, patriarche d’Occident, et enfin Souverain Pontife. Le Pape n’a jamais exercé sur les autres patriarcats que les pouvoirs résultant de ce dernier; de sorte qu’à moins de quelque affaire d’une haute importance, de quelque abus frappant, ou de quelque appel dans les causes majeures, les Souverains Pontifes se mêlaient peu de l’administration ecclésiastique dans les Églises orientales ; et ce fut un grand malheur non-seulement pour elles, mais pour tous les États où elles étaient établies. On peut dire que l’Église grecque , dès son origine, a porté dans son sein un germe de division qui ne s’est complètement développé qu’au bout de douze siècles, mais qui a toujours existé sous des formes moins tranchantes, moins décisives, et par conséquent supportables '.

Cette division religieuse s’enracinait encore dans l’op-

i. Saint Basile même parie quelque part de l ’orgueil occidental, qu’il nomme Ot>PVN irr.IKHN. (Si je ne me trompe, c’est dan» l’ouvrage qu’il a écrit : Sur le parti qu'on peut tirer des lectures profanes pour le bien de la Religion.) Rien, et pas même la sainteté, ne pouvait éteindre tout à fait l’état naturel de guerre qui divisait les deux États et les deux Églises, état qui dérivait de la politique et qui remontait à Constantin.

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