‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 240 sur 295 · LIVRE III, CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VU

position politique créée par l’empereur Constantin ; fortifiées l’une par l’autre, elles ne cessèrent de repousser l’union qui eût été si nécessaire contre les ennemis formidables qui s’avançaient de l’Orient et du Nord. Écoutons encore sur ce point le respectable auteur des Lettres sur l’Histoire.

« Il est sûr, dit-il, que si les deux empereurs d’Orient « et d’Occident eussent réuni leurs efforts, ils auraient « inévitablement renvoyé dans les sables de l’Afrique « ces peuples (les Sarrasins) qu’ils devaient craindre de « voir établir au milieu d’eux; mais il y avait entre les « deux empires une jalousie que rien ne put détruire, « et qui se manifesta bien plus pendant les croisades. Le « schisme des Grecs leur donnait contre Rome une an- « tipathie religieuse , et celle-là se soutint toujours « même contre leur propre intérêt »

Ce morceau est d’une vérité frappante. Si les Papes avaient eu sur l’empire d’Orient la même autorité qu’ils avaient sur l’autre, non-seulement ils auraient chassé les Sarrasins, mais les Turcs encore. Tous les maux que ces peuples nous ont faits n’auraient pas eu lieu. Les Mahomet, les Soliman, les Amurat, etc., seraient des noms inconnus pour nous. Français, qui vous laissez égarer par de vains sophismes, vous régneriez à Constantinople et dans la Cité sainte. Les assises de Jérusalem, qui ne sont plus qu’un monument historique, seraient citées et observées au lieu où elles furent écrites ; on parlerait français en Palestine. Les sciences , les arts, la civilisation, illustraient ces fameuses contrées de l’Asie, jadis le jardin de l’univers, aujourd’hui dépeuplées, livrées à l’ignorance, au despotisme, à la peste, à tous les genres d’abrutissement.

Si l’aveugle orgueil de ces contrées n’avait pas résisté constamment aux Souverains Pontifes, s’ils avaient pu dominer les vils empereurs de Byzance, ou du moins les

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