‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 269 sur 295 · LIVRE IV1 2 3, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV1 2 3, CHAPITRE VII

t< nous, est d’annoncer les grandes choses en peu de « mots, afin que tout le inonde s’en souvienne1. »

C’est en effet ainsi que se distingue le pays des dogmes de celui de l’argumentation. Tatien, dans son fameux discours aux Grecs, leur disait déjà, avec un certain mouvement d’impatience : « Finissez donc de nous don- « ner des imitations pour des inventions *. »

Lanzi, en Italie, et Gibbon, de l’autre-eôté des Alpes, ont répété l’un et l’autre la même observation sur le génie grec, dont ils ont reconnu tout à la fois l’élégance et la stérilité \

8i quelque chose paraît appartenir en propre à la Grèce, c’est la musique; cependant tout dans ce genre lui venait d’Orient. Btrabon remarque que la cithare avait été nommée l 'asiatique, et que tous les instruments de musique portaient en Grèce des noms étrangers, tels que la nablie, la sambuque, le barbiton, la magade, etc.4 5.

Les boues d’Alexandrie même se montrèrent plus favorables à la science que les terres classiques de Tempé et de la Céramique. On a remarqué avec raison que depuis la fondation de cette grande ville égyptienne, il n’est aucun des astronomes grecs qui n’y soit né ou qui n’y ait acquis ses connaissances et sa réputation. Tels sont Timocharis, Deriys l’astronome, Erastothène, le fameux Hipparque, Possidonius , Sosigène , Ptolémée enfin, le dernier et le plus grand de tous*.

La même observation a lieu à l’égard des mathéttlati-

1. Calantes. Gymnosoph. apud Athæn. n»l itiraivtijMmiv. Edit. Thcven. fol. 2.

2. naûsaOî taç tupïjfftiç «lîoxa^'jxn?. (Tat., Oral. ad Grsec . Edit, Paris,

1815, in-tï, vers inil.)

3. I Greci scmpre più felici in perfezionare arti che in inventorie (Saggio, di Litteratura etrusca, etc-, t. Il, p. 189. — L’esprit des Grecs, tout romanesque qu’il était, a moins inventé qu il n'a embelli. (Gibbon, Mémoires, t. II, p. 207, trad. franç.)

4. Huet, Demonstr. evang. Prop. IV, cap. IV, n“ 2. — Ou appelle encore aujourd’hui ch’hi-tar (kitar) une viole à six cordes fort en usage dans tout l’Indostan (/I ech. asiat., t. VU, iu-4, p. 471). Ou retrouve dans ce mot la cithata des Grecs et des Latins, et notre guitare.

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