UVRE IV, CHAPITRE X
giquement. Que si l’on compare une Eglise à l'Eglise, on ne sait plus ce qu’on dit. Affirmer que l’Église de Jérusalem, par exemple, ou d’Antioche, est antérieure à l’établissement de l’Église catholique, c’est un truïsme , comme disent les Anglais; c’est une vérité niaise qui ne signifie rien et ne prouve rien. Autant vaudrait remarquer qu’un homme qui est à Jérusalem ne saurait se trouver à Rome sans y aller. Imaginons un souverain qui vient prendre possession d’un pays nouvellement conquis par ses armes. Dans la première ville frontière, il établit un gouverneur et lui donne de grands privilèges; il en établit d’autres sur sa route; il arrive enfin dans la ville qu’il a choisie pour sa capitale; il y fixe sa demeure, son trône, ses grands officiers, etc. Que dans la suite des temps la première ville s’honore d’avoir été la première qui salua du nom de roi le nouveau souverain; qu’elle se compare même aux autres villes du gouvernement, et qu’elle fasse remarquer cette antériorité môme sur celui de la capitale, rien ne serait plus juste; comme personne n’empéche à Antioche de rappeler que le nom de chrétien naquit dans ses murs; mais si CE gouvernement se prétendait antérieur au gouvernement ou à l’État, on lui dirait : Fous avez raison si vous entendez prouver que le devoir d’obéissance naquit chez vous, et que vous êtes les premiers sujets. Que si vous avez des prétentions d’ indépendance ou de supériorité , vous délirez, car jamais il ne peut être question et antériorité contre tÉtat, puisqu'il n'y a qu’un Etat.
La question théologique est absolument la même. Qu’importe que telle ou telle Église ait été constituée avant celle de Rome? Encore une fois, ce n’est pas de quoi il s’agit. Toutes les Églises ne sont rien sans \'Églisc, c’est-à-dire sans l’Église universelle ou catholique, qui ne revendique à cet égard aucun privilège particulier, puisqu’il est impossible d’imaginer aucune association humaine sans un gouvernement ou centre d’unité de qui elle tient l’existence morale.