PAPE
Ainsi les États-Unis d’Amérique ne seraient pas un
État sans le congrès qui les unit. Faites disparaître cette assemblée avec son président, l’unité disparaîtra en même temps, et vous n’aurez plus que treize États indépendants, en dépit de la langue et des lois communes.
Ajoutons, quoique sans nécessité pour le fond de la question, que cette antériorité dont j’ai entendu parler tant de fois serait moins ridicule s’il s’agissait d’un espace de temps considérable, de deux siècles, par exemple, ou même d’un seul. Mais qu’y a-t-il donc d’antérieur flans le christianisme à saint Pierre qui fonda l’Église romaine, et à saint Paul qui adressa à cette Église une de ses admirables Épttres? Toutes les Églises apostoliques sont égales en date ; ce qui les distingue, c’est la durée ; car toutes ces Églises, une seule exceptée, ont disparu ; aucune n’est en état de remonter, sans inter^ ruption et par des évêques connus légitimes et orthodoxes, jusqu’à l’apôtre fondateur. Cette gloire n’appartient qu’à l’Église romaine.
Il faut ajouter encore que cette question d’antériorité, • si futile et si sophistique en elle-même, est déplacée surtout dans la bouche de l’Église de Constantinople, la dernière en date parmi les Églises patriarcales, qui ne tient môme son titre que de l’obstination des empereurs grecs et de la complaisance du premier siège, trop souvent obligé de choisir entre deux maux ; jouet éternel de l’absurde tyrannie de ses princes, souillée par les plus terribles hérésies ; fléau permanent de l’Église, qu’elle n’a cessé de tourmenter pour la diviser ensuite et peut-être sans retour.
Mais il ne peut être question d’antériorité. J’ai fait voir que cette question n’a point de sens, et que ceux qui l’agitent ne s’entendent pas eux-mêmes. Les Églises pholiennes ne veulent point s’apercevoir qu’au moment môme de leur séparation, elles devinrent protestantes , c’est-à-dire séparées et indépendantes. Aussi pour se défendre elles sont obligées d’employer le principe pi'otes-