‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 284 sur 295 · Éxéchiel, XXIX, 13; XXX · texte numérisé non relu

Éxéchiel, XXIX, 13; XXX

môme anathème? Aucun prophète ne l’a maudite, du moins dans nos livres, mais on serait tenté de croire que l’identité de la peine suppose celle des transgressions. N’est-ce pas la Grèce qui fut l 'enchanteresse des nations ? N’est-ce pas elle qui se chargea de transmettre à l’Europe les superstitions de l’Egypte et de l’Orient? Par elle ne sommes-nous pas encore païens ? Y a-t-il une fable, une folie, un vice qui n’ait un nom, un emblème, un masque grec? et, pour tout dire, n’est-ce pas la Grèce qui eut jadis l’horrible honneur de nier Dieu la première et de prêter une voix téméraire à l’athéisme , qui n’avait point encore osé prendre la parole à la face des hommes 1 ?

Élien remarque avec raison que toutes les nations nommées barbares par les Grecs reconnurent une Divinité suprême, et qu’il n’y eut jamais d’athées parmi elles8.

Je ne demande qu’à me tromper; mais aucun œil humain ne saurait apercevoir la fin du servage de la Grèce, et s’il venait à cesser, qui sait ce qui arriverait?

Plus d’une fois, dans nos temps modernes, elle a réglé ses espérances et ses projets politiques sur l’affinité des cultes; mais, toujours destinée à se tromper, elle a pu apprendre à ses dépens qu’elle ne tient plus à rien. Combien lui faudra-t-il encore de siècles pour comprendre qu’on n’a point de frères quand on n’a pas une mère commune?

Une erreur fatale de la Grèce, et qui malheureusement n’a pas l’air de finir sitôt, c’est de s’appuyer sur d’anciens souvenirs pour s’attribuer je ne sais quelle existence imaginaire qui la trompe sans cesse. Il lui

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