‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 30 sur 295 · LIVRE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VI

plaisir un saint Écossais déclarer, dans le sixième siècle, que les mauvais évêques usurpent le siège de saint Pierre'.

Tant on était persuadé de toutes parts que l’épiscopat entier était, pour ainsi dire, concentré dans le siège de saint Pierre dont il émanait!

Cette foi était celle du Saint-Siège même, Innocent I*r écrivait aux évéques d’Afrique : « Vous n’ignorez pas ce « qui est dû au siège apostolique, d’oii découlent l'épisco- « pat et toute son autorité... Quand on agite des questions « sur la foi, je pense que nos frères et coévêques ne « doivent en référer qu’à Pierre, c'est-à-dire à l'auteur « de leur nom et de leur dignitéI. 2. »

Et dans sa lettre à Victor de Rouen, il dit : « Je com- « mencerai avec le secours de l’apôtre saint Pierre, par « qui l'apostolat et l'épiscopat ont commencé en Jésus- « Christ3 4 5. »

Saint Léon, fidèle dépositaire des mêmes maximes, déclare que tous les dons de Jésus-Christ ne sont parvenus aux évêques que par Pierre*... afin que de lui comme du chef les dons divins se répandissent dans tout le corps '.

Je me plais à réunir d’abord les textes qui établissent la foi antique sur le grand axiome si pénible pour les novateurs.

Reprenant ensuite l’ordre des témoignages les plus marquants qui se présentent à moi sur la question gé-

I. Sedem Pétri apostoli immundis pedibus... usurpantes... Judæam quodammodo in Pktri cathbdrà... statuunl. (Gildæ sapientis presb. in Eccles. ordinem acris Correplio (Bibliôth. PP., Lugd., in-fol., tom. VIII, p. 715.)

î. Scientes quid aposlolicæ sedi, quum omnes hoc loco positi ipsum sequi desideremus apostolum, debeatur, a quo ipse episcopalus et tola auctoritas hujus nominis emersit. (Epist. XXIX Inu. I ad. conc. Carth., n° I, inter Epist. Rom. Pont. edit. D. Constant, col. 388.)

3. Per quem (Petrum) et apostolatus et episcopalus in Christo ccepit exordium (Ibid., col. 747.)

4. Nunquam nisi per ipsum (Petrum) dédit quid quid, aliis non negavit. (S. Léo, Serin. IV, in ann. Assumpt. Oper., edit. Ballerin), t. Il, col. 16.)

5. Ut ab ipso (Petro) quasi quodam capite dona sua relit in corpus om ne manare. (S. Léo, Epist. X ad episc. prov. Vient). , cap. i, col. 633.) Je dois ceg précieuses citations au savant auteur de la Tradition de l'Église sur l'institution des êveques, qui les a rassemblées avec beaucoup de goût. (Introduttion, p. xniij.)

nérale, j 'entends d’abord saint Cyprien déclarer, au milieu du troisième siècle, qu'i7 ri y avait des hérésies et des 0 schismes dans l’Église que parce que tous les yeux n’étaient pas tournés sur le prêtre de Dieu, sur ce Pontife qui juge dans l’Église a la place de Jésus-Christ

Au quatrième siècle, le pape Anastase appelle tous les peuples chrétiens mes peuples , et toutes les Églises chrétiennes des membres de mon propre corps*.

Et, quelques années après, le pape Célestin appelait ces mêmes Églises nos membres J.

Le Pape saint Jules écrit aux partisans d’Eusèbe : lynorez-vous que l'usage est qu’on nous écrive d'abord , et quon décide ici ce qui est juste?

Et, quelques évêques orientaux, injustement dépossé- ' dés, ayant recouru à ce Pape, qui les rétablit dans leur siège, ainsi que saint Athanase, l’historien qui rapporte ce fait observe que le soin de toute l'Église appartient au Pape, à cause de la dignité de son siège*.

Vers le milieu du cinquième siècle, saint Léon dit au concile de Chalcédoine, en lui rappelant sa lettre à Flavien : Il ne s’agit plus de discuter audacieusement , mais de croire ma lettre à Flavien, d'heureuse mémoire, ayant pleinement et très-clairement décidé tout ce qui est de foi sur le mystère de l’ Incarnation* .

Et Dioscore, patriarche d’Alexandrie, ayant été précédemment condamné par le Saint-Siège, les légats ne voulant point permettre qu’il siégeât au rang des évêques, en attendant le jugement du concile, déclarent

1 . Neque aliunde hærcses obortse suât, sut nata sunt schrsmata, quam dum Sacbrdoti Dei non obteroperalur, ncc unus in Ecclesia ad tempus judex vie R CnaiSTi cogitalur. (S Cyp. Epist. I.V.)

2. Epist. Anavt. a>l Joh. Hieron. apud Const. Epist., decret, in-fol., p. 7 39.

Voyez les Vies des Saints , trad. de l'augl. d’Alban Butler, par M. l'abbé

Godescard, in-8°, tome 111, p. 689.

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