LIVRE !, CHAPITRE IX
« dessus du Pape établit une véritable aristocratie, et « cependant V Église romaine est une monarchie » Mosheim, examinant le sophisme des Jansénistes, que le Pape est bien le supérieur de chaque Eglise prise à part , mais non de toutes les Églises réunies; Mosheim, dis-je, oublie son fanatisme anticatholique, et se livre à la droite logique, au point de répondre : « On soutiendrait « avec autant de bon sens que la tête préside bien à « chaque membre en particulier, mais non point du tout « au corps qui est l’ensemble de tous ces membres; ou « qu’un roi commande, à la vérité, aux villes, aux vil- (( lages et aux champs qui composent une province, « mais non à la province même 1 * 3 4 5.»
C’est un docteur anglais qui a fait à son Église cet argument si simple et si pressant, qui est devenu célèbre : Si la suprématie d'un archevêque (celui de Cantorbéry) est nécessaire pour maintenir l'universalité de l'Eglise anglicane, comment la suprématie du Souverain Pontife ne le serait-elle pas pour maintenir l'unité de l'Église universelle s?
El c’est encore un aveu bien remarquable que celui de Candide Seckenberg, au sujet de l’administration des Papes : «Il n’y a pas, dit-il, un seul exemple dans l’his- « toire entière, qu’un Souverain Pontife ait persécuté « ceux qui, attachés à leurs droits légitimes, n’entre- « prenaient point de les outrepasser *. »
Il me serait aisé de multiplier ces textes, mais il faut abréger. Je terminerai par une citation intéressante,
1. ... Id quidem non parum absurditatis habet, quum status Ecclesix mono rchi eus ait. (Puffendorf, De Habitu relig. christ, ad vitam civilcm, § 38.)
î. Id tam mihi scitum videtur, ac si quis afjirmaret membra quidem a capiteregi, etc. (Mosheim, tom. I, Diss. ad hist. eccles. pertio., p. 542.)
3. Si necessarium est ad unitatem in Ecclesia (Angtiæ) tuendam unum urchiepiscopum aliis prxesse; cur non pari rations loti Ecclesix Dei unus præerit archiepiscopus ? (Cartwrith. lu defens. Wirgisti.)
4. Jure agirmari poterit ne exemplum quidem esse in omni rerum memoria
ubi Pontifex processerit advenus eos qui, juribus suis inlenti, ultra limites engari, in animum non induxerunt suum. {Henr. Christ. Seckeuberg, Method, jurispr. addit. IV. De Liber». Eccl. gérai., § III.)
qui n’est pas aussi connue qu’elle mérite de l’être, et qui peut tenir lieu de mille aütres. C’est un ministre du saint Évangile qui va parler; je n’ai pas le droit de le nommer, puisqu’il a jugé à propos de garder l’anonyme ; mais je n’éprouve point l’embarras de ne savoir à qui adresser mon estime :
t Je ne puis m’empêcher de dire que la première « main profane portée à l’encensoir l’a été par Luther et « par Calvin, lorsque, sous le nom de protestantisme et « de réforme, ils opérèrent un schisme dans l’Église, « schisme fatal qui n’a opéré que par une scission ab- « solue ces modifications qu’Érasme aurait introduites « d’une manière plus douce par le ridicule qu’il ma- « niait si bien.
« Oui, ce sont les réformateurs qui, en sonnant le « tocsin sur le Pape et sur Rome, ont porté le premier « coup au colosse antique et respectable de la hiérar- « chie romaine, et qui, en tournant les esprits des hom- « mes vers la discussion des dogmes religieux, les ont « préparés à discuter les principes de la souveraineté, « et ont sapé de la même main le trône et l’autel.
« Le temps est venu de reprendre en sous-œuvre ce « palais superbe détruit avec tant dé fracas... Et le mo- « ment est venu peut-être de faire rentrer dans le sein « de l’Église les Grecs, les Luthériens, les Anglicans et « les Calvinistes... C’est à vous, Pontife de Rome..., à « vous montrer le père des fidèles, en rendant au culte « sa pompe, à l’Église son unité c’est à vous, succes- « seur de saint Pierre, à rétablir dans l'Europe incrédule « la religion et les mœurs... Les mômes Anglais qui, « les premiers, se sont soustraits à votre empire, sont « aujourd’hui vos plus zélés défenseurs. Ce patriarche « qui, dans Moscou, rivalisait avec vous de puissance, « n’est peut-être pas fort éloigné de vous reconnaître *...