‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 60 sur 295 · Fleury, liv. GU, n · texte numérisé non relu

Fleury, liv. GU, n

4. Il y aurait uue inimité de choses à dire sur ces deux sessions, sur les manuscrits de Scheelestrate, sur les objections d’Arnauid et de Bossuet, sur l’appui qu’ont tiré ces manuscrits des précieuses découvertes faites dans les bibliothèques d’Allemagne, etc., etc.; mais si je m’enfonçais dans ces détails, il m’arriverait ùn petit malheur que je voudrais cependant éviter, s’il était possible, celui de «’ètre pas lu,

LIVHli I, CHAPITRE XII. 81

chef que dans ses membres, suivant l’équité et le bon gouvernement de l’Eglise.

Le Pape, de sou côté, dans la quarante-cinquième session du 22 avril 1417, approuva tout ce que le concile avait fait con cilièrémént ( ce qu’il répète deux fois ) en matière de foi.

Et, quelques jours auparavant, par une bulle du 10 mars, il avait défendu les appels des décrets du Saint- Siège, qu’il appela le souverain juge. Voilà comment le Pape approuva le concile de Constance.

Jamais il n’y eut rien de si radicalement nul, et même de si évidemment ridicule, que la quatrième session du concile de Constance, que la Providence et le Pape changèrent depuis en concile.

Que si certaines gens s’obstinent à dire : Nous admettons la quatrième session, oubliant tout à fait que ce mot nous, dans l’Église catholique, est un solécisme s’il ne se rapporte à tous, nous lés laisserons dire ; et, au lieu de rire seulement de la quatrième session, nous rirons de la quatrième session et de ceux qui refusent d’en rire.

En vertu de l’inévitable force des choses, toute assemblée qui n’a [pas de frein est effrénée. Il peut y avoir du plus ou du moins ; ce sera plus tôt ou plus tard ; mais la loi est infaillible. Rappelons-nous les extravagances de Bâle : on y vit sept à huit personnes, tant évêques qu’ abbés, se déclarer au-dessus du Pape, le déposer même, pour couronner l’œuvre, et déclarer tous les contrevenants déchus de leur dignité, fussent-ils évêques, archevêques, patriarches, cardinaux, rois ou empereurs.

Ces tristes exemples nous montrent ce qui arrivera toujours dans les mômes circonstances. Jamais la paix ne pourra régner ou se rétablir dans l’Église par l’influence d’une assemblée non présidée. C’est toujours au Souverain Pontife , ou seul ou accompagné, qu’il en faudra venir, et toutes les expériences parlent pour cette autorité.

no PAPE.

On peut observer que les docteurs français qui se sont crus obligés de soutenir l’insoutenable session du concile de Constance ne manquent jamais de se retrancher scrupuleusement dans l'assertion générale de la supériorité du concile universel sur le Pape, sans jamais expliquer ce qu’ils entendent par le concile universel ; il n’en faudrait pas davantage pour montrer à quel point ils se sentent embarrassés. Fleury va parler pour tous :

« Le concile de Constance, dit-il, établit la maxime de « tout temps enseignée en France l, que tout Pape est sou- « mis au jugement de tout concile universel en ce qui « concerne la foi J. »

Pitoyable réticence, et bien indigne d’un homme tet que Fleury ! 11 ne s’agit pas de savoir si le concile universel est au-dessus du Pape , mais de savoir.' s’il peut y avoir un concile universel sans pape , ou indépendant du Pape. Voilà la question. Allez dire à Rome que le Souverain Pontife n’a pas droit d’abroger les canons du concile de Trente, sûrement on ne vous fera pas brûler. La question dont il s’agit ici est complexe. On demande : {° quelle est l’essence d'un concile universel, et quels sont les caractères dont la moindre altération anéantit cette essence? On demande : 2° si le concile ainsi institué est au-dessus du Pape? Traiter la deuxième question en laissant l’autre dans l’ombre ; faire sonner haut la supériorité du concile sur le Souverain Pontife, sans savoir, sans vouloir, sans oser dire ce que c’est qu’un concile œcuménique : il faut le déclarer franchement, ce n’est pas seulement une erreur de simple dialectique, c’est un péché contre la probité.

1 . Après tout ce qu'on a lu, et surtout après la déclaration de 1628, quel nom donner à cette assertion?

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