‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 84 sur 295 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Nul danger dans les suites de la suprématie reconnue.

Lisez les livres des protestants; vous y verrez l’infaillibilité représentée comme un despotisme épouvantable qui enchaîne l’esprit humain, qui l’accable, qui le prive de ses facultés; qui lui ordonne de croire et lui défend de penser. Le préjugé contre ce vain épouvantail a été porté au point qu’on a vu Locke soutenir sérieusement que les catholiques croient à la présence réelle sur la foi de l'infaillibilité du Pape

La France n’a pas légèrement augmenté le mal en se rendant en grande partie complice de ces extravagances. Les exagérateurs allemands sont venus à la charge. Enün il s’est formé au delà des Alpes, par rapport à Rome, une opinion si forte, quoique trôs-faussc, que ce n’est pas une petite entreprise que celle de faire seulement comprendre aux hommes de quoi il s’agit.

Cette épouvantable juridiction du Pape sur les esprits ne sort pas des limites du Symbole des apôtres : le cercle, comme on voit, n’est pas immense, et l’esprit humain a de quoi s’exercer au dehors de ce périmètre sacré.

Quant à la discipline, elle est générale ou locale. La première n’est pas fort étendue ; car il y a fort peu de points absolument généraux et qui ne puissent être altérés sans menacer l’essence de la religion. La seconde

1 . « Que l’idée de l'infaillibilité, et celle d’une certaine personne, vienucnt à • s'unir inséparablement dans l’esprit de quelques hommes, et bientôt vous les « verrez avaler le dogme de la présence simultanée d’un môme corps en deux t lieux différents, sans autre autorité que celle de la personne infaillible qui leur « ordonne de croire sans kxamkn. • (Locke, Sur l Entend. hum., liv. II, ch. xxxiii, § 17.) Les lecteurs français doivent être averti? que ce passage ne se t-ouve que dans le texte anglais. Coste, quoique protestant, trouvant la uiaiserie un peu forte, refusa de la traduire.

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