CHAPITRE XX
Dernière explication sur la disciplini , et digression sur la langue latine.
J’ai dit qu’aucune nation catholique n’avait à craindre pour ses usages particuliers et légitimes de cette suprématie présentée sous d’aussi fausses couleurs. Mais si les Papes doivent une condescendance paternelle à ces usages marqués du sceau de la vénérable antiquité, les nations à leur tour doivent se souvenir que les différences locales sont presque toujours plus ou moins mauvaises toutes les fois qu’elles ne sont pas rigoureusement nécessaires , parce qu’elles tiennent au cantonnement et à l’esprit particulier , deux choses insupportables dans notre système. Comme la démarche, les gestes, le langage, et jusqu’aux habits d’un homme sage, annoncent son caractère, il faut aussi que l’extérieur de l’Église catholique annonce son caractère d’éternelle invariabilité. Et qui donc lui imprimera ce caractère, si elle n’obéit pas à la main d’un chef souverain, et si chaque Église peut se livrer à ses caprices particuliers? N’est-ce pas à l’influence unique de ce chef que l’Église doit ce caractère unique qui frappe les yeux les moins clairvoyants ? et n’est-ce pas à lui surtout qu’elle doit cette langue catholique, la môme que tous les hommes de la môme croyance? Je me souviens que, dans son livre sur l' importance des opinions religieuses, M. Necker disait qu’if est enfin temps de demander à l’Église romaine pourquoi elle s obstine à se servir d’une langue inconnue, etc, lu est enfin temps, au contraire, de ne plus lui en parler, gu de ne lui en parler que pour re» ponnaltre et, vanter sa profonde sagesse. Quelle idé§