‹ Du Pape (volume 2)Chapitre 96 sur 295 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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Quoique la souverainelé n’ait pas d’intérét plus grand et plus général que celui d’être juste, et quoique les cas où elle est tentée de ne l’être pas soient sans comparaison moins nombreux que les autres, cependant ils le sont malheureusement beaucoup; et le caractère particulier de certains souverains peut augmenter ces inconvénients, au point que, pour les trouver supportables, il n’y a guère d’autre moyen que de les comparer à ceux qui auraient lieu si le souverain n’existait pas.

Il était donc impossible que les hommes ne fissent pas de temps en temps quelques eflorts pour se mettre à l’abri des excès de cette énorme prérogative ; mais sur ce point l’univers s’est partagé en deux systèmes d’une diversité tranchante.

La race audacieuse de Japhet n’a cessé, s’il est permis de s’exprimer ainsi, de graviter vers ce qu’on appelle la liberté , c’est-à-dire vers cet état où le gouvernant est aussi peu gouvernant, et le gouverné aussi peu gouverné qu’il est possible. Toujours en garde contre ses maîtres, tantôt l’Européen les a chassés, et tantôt il leur a opposé des lois. Il a tout tenté, il a épuisé toute les formes imaginables de gouvernement, pour se passer de maîtres, ou pour restreindre leur puissance.

L’immense postérité de Sem et de Cham a pris une autre route. Depuis les temps primitifs jusqu’à ceux que nous voyons, toujours elle a dit à un homme : Faites tout ce que vous voudrez, et lorsque nous serons las, nous vous égorgerons.

Du reste, elle n’a jamais pu ni voulu comprendre ce que c’est qu’une république; elle n’entend rien à la balance des pouvoirs, à tous ces privilèges, à toutes ces lois

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