‹ Du pape (volume 3)Chapitre 100 sur 208 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Maintien des Lois ecclésiastiques et des Mœurs sacerdotales.

On peut dire, au pied de la lettre, en demandant grâce pour une expression trop familière, que vers le dixième siècle le genre humain, en Europe, était devenu fou. Du mélange de la corruption romaine avec la férocité des Barbares qui avaient inondé Tempire, il était enfin résulté un état de choses que, heureusement, peut-être on ne reveiTa plus. La férocité et la débauche , l'anarchie et la pauvreté étaient dans tous les états. Jamais l'ignorance ne fut plus universelle (3).

(4) Tacite, ann. XII, 5,6,7.

(3) Senecœ Trag. OcUv. I, 4S8, 439.

(3) VolUire, Rssaisur Phistoirc générale, lom. 1, chap. XXX VIII, p. .153.

iUS Dt PAPE.

Pour défendre TËglise contre le débordement affreux de la corruption et de l'ignorance, il ne fallait pas moins qu'une puissance d'un ordre supérieur, et tout à fait nouvelle dans le monde. Ce fut celle des Papes. Eux-mêmes, dans ce malheureux siècle, payèrent un tribut fatal et passager au désordre général. La Chaire pontificale était opprimée , déshonorée et *aiiglante (1); mais bient6t elle reprit son ancienne dignité; et c'est aux Papes que Ton dut le nouvel ordre qui s'établit (2).

Il serait permis sans doute de s'irriter de la mauvaise foi qui insiste avec tant d'aigreur sur les vices de quelques Papes, sans dire un mot de l'effroyable débordement qui régna de leur temps.

Je passe maintenant à la grande question qui a si fort retenti dans le monde : je veux parier de celle des investitures, agitée alors entre les deux puissances avec une chaleur que des hommes, même passablement instruits , ont peine à comprendre de nos Jours.

Certes, ce n'était pas une vaine querelle que celle des investitures. Le pouvoir temporel menaçait ouvertement d'éteindre la suprématie ecclésiastique. L'esprit féodal, qui dominait alors, allait faire de l'Église , en Allemagne et en Italie , un grand fief relevant de l'empereur. Les mots , toujours dangereux , l'étaient particulièrement sur ce point, en ce que

(4) VolUtre, Essai sur Phistoire générale, lom. 1, chap. XXXI V, p. 416.

(2) «On 8*élonne que sous tant de Papes si scandaleux (Xe siècle) et « si peu puissants , l'Église romaine ne perdit ni ses prérogatives ni « ses prétentions. » (Volt., ib. cliap. XXXV.)

('/est fort bien dit de s'étonner ; car le phénomènf est humarnement inexplicable.

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