‹ Du pape (volume 3)Chapitre 115 sur 208 · LIVRE II, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE X

lie, fait en 1110 un traité avec le Pape, par lequel Tempereui" abandonne ses prétentions sur les investitures, à condition que le Pape, de son côté , lui céderait les duchés, les jsomtés, les marquisats y les terres, ainsi que les droits de justice , de mownaie , et autres y dont les évêques d'Allemagne étaient en posses-sion,

£n 1209, Othon de Saxe s'étant jeté sur les terres du Saint-Siège, contre les lois les plus sacrées de la justice, et même contre ses engagements les plus solennels, il est excommunié. Le roi de France et toute TAllemagne prennent parti contre lui : il est déposé en 1211 par les électeurs, qui nomment à sa place Frédéric IL

Et ce même Frédéric II, ayant été déposé en 1228, saint Louis fait représenter au Pape , que si l empereur avait réellement mérité d'être déposé, il n'aurait dû Vêtre que dans un concile général, c'est-à-dire, au fond, par le Pape mieux informé (1).

En 1245, Frédéric II est excommunié et déposé, au concile général de Lyon.

En 1335, Tempereur Louis de Bavière, excommunié par le Pape , envoie des ambassadeurs à Rome pour solliciter son absolution. Ils y retournèrent pour le même objet en 1338, accompagnés par ceux du roi de France.

En 1346, le Pape excommunie de nouveau Louis

(1 ) On voit déjà, dans la représen talion de ce grand prince, le germe de Tespril d'opposition qui s'est développé en France plus tôt qu'ailleurs. Philippe le Bel appela de même du décret de Boniface VIU au concile universel; mais, dans ces appels même, ces princes confessaient que l'Église vmverselle, comme dit Leibnitz ( ubi sup. ), avait reçu quelque autorité sur leurs personnes, autorité dont on abusait alors à leur égard.

de Bavière , et, de concert avec le roi de France , il feit nommer Charles de Moravie, etc. (1).

Voltaire a fait un long chapitre pour établir que les Papes ont donné tous les royaumes d'Europe avec le consentement des rois et des peuples. Il cite un roi de Danemark disant au Pape , en 1329 : Le royaume de Danemark , comme vous le savez, très-saint Pire, ne dépend que de V Eglise romaine , à laquelle il paie un tribut f et non de l'empire (2).

Voltaire continue ces mêmes détails dans le chapitre suivant, puis il écrit à la marge avec une profondeur étourdissante : Grande preuve que les Papes don-naient les royaumes.

Pour cette fois, je suis parfaitement de son avis. Les Papes donnaient tous les royaumes , donc ils donnaient tous les royaumes. C'est un des plus beaux raisonnements de Voltaire (3).

Lui-même encore a cité ailleurs le puissant Charles-Quint demandant au Pape une dispense pour joindre le titre de rot de Naples à celui d'empereur [k).

L'origine divine de la souveraineté , et la légitimité individuelle conférée et déclarée par le vicaire de Jésus-Christ , étaient des idées si enracinées dans tous les esprits, que Livon , roi de la petite Arménie, envoya faire hommage à l'empereur et au Pape en i2&'2;

(I) Tous ces faits sont universeliemenl connus. On peut les vérifier sous les années qui leur appartiennent, dans l'ouvrage de Maimbourg, qui est bien fait, Histoire de la décadence de l'empire y etc.; dans les Annales d'Italie, de Muratori, et généralement dans lous les livres historiques relatifs à cette époque.

fS) Volt., Essai sur les mœurs, etc. tom. III, ch. LXill.

(5) Volt., ibid. ch. LXIV.

(4) Volt., Essai sur les mœurs, etc. l. 111, ch. CXXIIl.

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