‹ Du pape (volume 3)Chapitre 118 sur 208 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Application hypothétique des principes précédents.

Très^umbieset trés-reipectueuses remontrances des êtatsgénérauœ du royaume de ***, assemblés à ***, à Notre Saint'Père le Pape Pie VIL

c( Très-Saint-Père,

« Au sein de la plus amère affliction et de la plus « cruelle anxiété que puissent éprouver de fidèles (( sujets, et forcés de choisir entre la perte absolue <c d'une nation et les dernières mesures de rigueur « contre une tête auguste, les états-généraux n'ima- « ginent rien de mieux que de se Jeter dans les bras « paternels de Votre Sainteté , et d'invoquer sa Juste tice suprême pour sauver, s'il en est temps, un c( empire désolé.

« Le souverain qui nous gouverne, Très-Saint-Pèrc,

a ne règne que pour nous perdre. Nous ne contestons c< point ses vertus ; mais elles nous sont inutiles , et « ses erreurs sont telles, que si Votre Sainteté ne « nous tend la main, il n'y a plus pour nous aucun <i espoir de salut.

a Par une exaltation d'esprit qui n'eut jamais d'éa gale, ce prince s'est imaginé que iious vivions au (( seizième siècle, et qu'il était, lui, Gustave- Adolphe. « Votre Sainteté peut se faire représenter les actes de (( la diète germanique; elle y verra que notre souve- (( rain, en. sa qualité de membre du corps germanique, (( a fait remettre au directoire plusieurs notes qui parce tent évidemment des deux suppositions que nous a venons d'indiquer, et dont les conséquences nous « écrasent. Transporté par un malheureux enthou- « siasme militaire absolument séparé du talent, il (( veut faire la guerre ; il ne veut pas qu'on la fasse (c pour lui , et il ne sait pas la faire. 11 compromet <c ses troupes, les humilie, et punit ensuite sur ses « officiers des revers dont il est l'auteur. Contre les « règles de la prudence la plus commune, il s'obstine (( à soutenir la guerre, malgré sa nation, contre deux « puissances colossales dont une seule suffirait pour « nous anéantir dix fois. Livré aux fantômes de l'il- « luminisme , c'est dans l'Apocalypse qu'il étudie la tt politique; et il en est venu à croire qu'il est désigné « dans ce livre comme le personnage extraordinaire i< destiné à renverser le géant qui ébranle aujourd'hui « tous les trônes de l'Europe; le nom qui le distingue tt parmi les rois est moins flatteur pour son oreille a que celui qu'il accepta en s'afflliant aux sociétés « secrètes ; c'est ce dernier nom qui paraît au bas de « ses actes , et les armes de son auguste famille ont

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