‹ Du pape (volume 3)Chapitre 120 sur 208 · LIYRB II, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIYRB II, CHAPITRE XI

Voilà ce que te Pape aurait fait, en supposant les lumières de notre siècle réunies au droit public du douzième.

Croit-on qu'il ne fût pas possible de faire plus mal?

Que nous sommes aveugles, en général I Et, s'il est permis de le dire , que les princes en particulier sont trompés par les apparences I On leur parle vaguement des excès de Grégoire Yll et de la supériorité de nos temps modernes ; mais comment le siècle des révoltes a-t-il le droit de se moquer de ceux des dispenses? Le Pape ne délie plus du serment de fidélité , mais les peuples se délient eux-mêmes ; ils se révoltent ; ils déplacent les princes; ils les poignardent; ils les font monter sur Téchafaud. Ils font pire encore. — Oui! ils font pire, je ne me rétracte point; ils leur disent : Vous ne nous convenez plus , allez-vous-en ! Ils proclament hautement la souveraineté originelle des peuples et le droit qu'ils ont de se faire justice. Une fièvre constitutionnelle , on peut, je crois, s'exprimer ainsi, s'est emparée de toutes les têtes, et Ton ne sait encore ce qu'elle produira. Les esprits, privés de tout centre commun, et divergeant de la manière la plus alarmante, ne s'accordent que dans un point, celui de limiter les souverainetés. Qu'est-ce donc que les souverains ont gagné à ces lumières tant vantées et toutes dirigées contre eux? J'aime mieux le Pape.

Il nous reste à voir s'il est vrai que la prétention à la puissance que nous examinons ait inondé l'Europe de sang et de fanatisme.

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