‹ Du pape (volume 3)Chapitre 136 sur 208 · LIVRE m. CIIAPITAE I · texte numérisé non relu

LIVRE m. CIIAPITAE I

par nos ennemis même les plus acharnés. Cependant, la division des chrétiens est un grand mal , et qui retarde au moins le grand œuvre , s'il ne Tarréte pas entièrement. Malheur donc aux -sectes qui ont déchiré la robe tans couture l Sans elles Funivers serait chrétien.

Une autre raison qui annule ce faux ministère évangélique, c'est la conduite morale de ses organes. Ils ne s'élèvent Jamais au-dessus de la probité, faible et misérable instrument pour tout effort qui exige la sainteté. Le missionnaire qui ne s'est pas refusé par un vœu sacré au plus vif des penchants, demeurera toujours au-dessous de ses fonctions, et finira par être ridicule ou coupable. On sait le résultat des missions anglaises àTalti; chaque apôtre, devenu un libertin, n'a pas fait difficulté de l'avouer, et le scandale a retenti dans toute l'Europe (1).

Au milieu des nations barbares, loin de tout supérieur et de tout appui qu'il pourrait trouver dans l'opinion publique , seul avec son cœur et ses passions, que fera le missionnaire humain? Ce que firent ses collègues à TaYti. Le meilleur de cette elasse est fait, après avoir reçu sa mission de l'autorité civile, pour aller habiter une maison commode avec sa femme et ses enfants, «t pour prêcher philosophiquement à des sujets , sous le canon de son souverain. Quant aux véritables travaux apostoliques, jamais ils n'oseront y toucher du bout du doigt.

(1) J'entends dire que, depuis quelque temps, les choses ont change en mieux à Taïti. Sans discuter les faits, qui ne présentent peut-être que de vaines apparences, je n'ai qu'un mot à dire : Que nous importent ceê eonquétet équivoquet du proteilantittne dan* quelque Ue imperceptible de la mer du Sud^ tandis qu'il détruit le christianisme en Europe?

Il faut distinguer d'ailleurs entre les infidèles civilisés et les infidèles barbares. On peut dire à ceux-ci tout ce qu'on veut; mais par bonheur Terreur n'ose pas leur parler. Quant aux autres, il en est tout àu^ trement , et déjà ils en savent assez pour nous dis* cerner. Lorsque le lord Macarteney dut partir pour sa célèbre ambassade , S. M. B. fit demander au Pape quelques élèves de la Propagande pour la langue chi^ noise; ce que le saint Père s'empressa d'accorder. Le cardinal Borgia , alors à la tète de la Propagande, pria à son tour lord Macarteney de vouloir bien. profiter de la circonstance pour recommander à Pékin les missions catholiques. L'ambassadeur le promit vo^ lontiers et s'acquitta de sa commission en homme de sa sorte ; mais quel fut son étonnement d'entendre le coUao ou premier ministre lui répondre que Vempereur s'étonnait fort de voir les Anglais protéger au fond de l'Asie une religion que leurs pères avaient abandonnée en Europe.' Cette anecdote, que j'ai apprise à la source, prouve que ces hommes sont instruits, plus que nous ne le croyons, des choses mêmes auxquelles ils pour-^ raient nous paraître totalement étrangers. Qu'un prédicateur anglais s'en aille donc à la Chine débiter à ses auditeurs que le christianisme est la plus belle chose du monde , mais que cette Religion divine fut malheureusement corrompue dans sa première jeunesse par deux grandes apostasies ^ cdle de Mahomet en Orient , et celle du Pape en Occident ; que l'une et l'au^ tre ayant commencé ensemble et devant durer 1260 ans (1) > V%kne et Vautre doivent tomber ensemble et tou-

(I) En effet, iet nations devaiU fouUr aux pieds la^lle sainte pendant Ai mot« fApoc, XI, 3), il est clair que par les natûms, il faut entendre les Mahomitans. De plus, 42 mois font 1260 jours, de 50 jours

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