‹ Du pape (volume 3)Chapitre 148 sur 208 · LIVRE III, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III

percer de tous côtés un certain respect pour la vierge; on la regarde comme un être supérieur; et lorsqu'elle perd cette qualité, même légitimement, on dirait qu'elle se dégrade. Les femmes fiancées en Grèce devaient un sacrifice à Diane pour l'expiation de cette espèce de profanation (1). La loi avait établi à Athènes des mystères particuliers relatifs à cette cérémonie religieuse (2). Les femmes y tenaient fortement, et craignaient la colère de la déesse si elles avaient négligé de s'y conformer (3).

Les vierges consacrées à Dieu se trouvent partout et à toutes les époques du genre humain. Qu'y a-t-il au monde de plus célèbre que les vestales? Avec le cuUe de Yeêta brilla V empire romain; avec lui il tomba (&•).

Dans le temple de Minerve, à Athènes, le feu sacré était conservé, comme à Rome, par des vierges.

On a retrouvé ces mêmes vestales chez d'autres nations, nommément dans les Indes (ô), et au Pérou, enfin, où il est bien remarquable que la violation de son vœu était punie du même supplice qu'à Rome (6).

(1) Ettc etf09W9u rHii ttxpQtvMç, V. le Scholiaste de Théoorile, sur le soixante -sixième vers de la onzième idylle.

(2) T& Si fwtxT^picx. rauTOt AOvivïjtiv Ttolir&ùovrat.i. Ibld.

(S) Tout homme qui connaît les mœurs antiques ne se demandera pas sans élonnemenl ce que c*étail donc que ce sentiroenl qui avait établi de tels mygièret, et qui avait eu la force d*en persuader Timportance. 11 faut bien qu'il ait une racine; mais où est-elle humainement?

(4) Ces paroles remarquables terminent le mémoire sur les Vestales, qu'on lit dans ceux de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres, t. V, in-13, par Tabbé Naudal.

(5) Voy. l'Hérodote de Larcher, tom. YI, p. 155; Carli, Lett. amer, lom. l, lettre V«, el tom. 1, lelL XXVI«i p. 458 ; Nol. Procop. lib. Il, de Bello Per$.

(6) Garli, ibld. tom. I, lett. VIII. —Le traducteur de Garli assure que la punition des Vestales , à Rome , n'était que fietiTC , et que pas

La virginité y était considérée comme un caractère sacré également agréable à l'empereur et à la divinité (1).

Dans rinde , la loi de Menu déclare que toutes les cérémonies prescrites pour les mariages ne concernent que la vierge , celle qui ne Test pas étant exclue de toute cérémonie légale (2).

Le voluptueux législateur de TAsie a cependant dit : (( Les disciples de Jésus gardèrent la virginité « sans qu'elle leur eût été commandée, à cause du a désir qu ils avaient de plaire à Dieu (3). La fille de a Josaphat conserva sa virginité : Dieu inspira son « esprit en elle : elle crut aux paroles de son Sei- « gneur et aux écritures. Elle était au nombre de « celles qui obéissent (4). »

D'où vient donc ce sentiment universel? Où Numa avait-il pris que, pour rendre ses vestales saintes et vénérables ^\\ fallait leur prescrire la virginité (5)?

Pourquoi Tacite, devançant le style de nos théologiens, nous parle-t-il de cette vénérable Occia qui avait présidé le collée des vestales pendant cinquantesept ans, avec une éminente sainteté (6)?

Et d'où venait cette persuasion générale chez les Romains, «que si une vestale usait de la permission

une ne demeurait dans le caTcau. (Tom. 1, lett. IX,p. lU, not.) Mais il ne cite aucune autorité.

{i) Carli, ibid., tom. l,liv. IX.

(S) Lois de Menu , cbap. VIII , no 236 ; Œuvres du chev. Jones , tom. III.

(5) Alcoran, chap. LVII.

(4) Ibid. chap. LVI.

(5) VirginUale aliisque eœremoniii ffenerabiles ac sanettu feeiL (Tit.-Liv.,I, 29.)

(6) Oecia quœ septem et quinquaginta per annoi iummé taneti^ momd veitalibui sacris prwiederal. { Tac. Ann. H, 86.)

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