‹ Du pape (volume 3)Chapitre 159 sur 208 · LIVBE III, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVBE III, CHAPITRE III

participé à la même gloire. Combien le phîlosophisme n'avait-il pas déclamé contre les vœux forcés et les victimes du cloître (1)1 Et cependant, lorsqu'une as^ semblée de fous qui faisaient ce qu'Us pouvaient pour être des coquins (3) , se donna le plaisir sacrilège de déclarer les vœux illégitimes et d*ouvrir les cloîtres, il fallut payer je ne sais quelle effrontée du peuple, pour venir à la barre de rassemblée jouer la religieuse affranchie.

Les vestales IVançaises déployèrent Tintrépidité des prêtres , dans les prisons et sur les échafauds ; et celles que la tempête révolutionnaire avait dispersées chez les nations étrangères et jusqu'en Amérique, loin de céder aux séductions les plus dangereuses, ont fait admirer de tous côtés Tamour de leur état, le respect pour leurs vœux» et le libre exercice de toutes les vertus.

Elle a péri cette sainte, cette noble Église gallicane ! elle a péri; et nous en serions inconsolables, si le Seigneur ne nous avait laissé un germe (3).

La haute noblesse du clergé catholique est due tout entière au célibat; et cette institution sévère étant uniquement Touvrage des Papes secrètement animés

(4) Ces folles déclamations se trouvent, comme on sait, réunies et pour ainsi dire eondeniéei dans la Mélanie de La Harpe. En vain l'auteur, depuis son retour à la vérité, fil les plus vives instances pour que sa pièce fût ôlée du répertoire ; on s*y refusa obstinément, et ce défaut de délicatesse fait tort à la nation française bien plus qu'elle ne le pense. Ce n'eit rteti, dira-t-elle. C'est beaucoitp. Cet exemple se joint à la nouvelle édition de Voltaire , à la stéréotypie de Jeanne d'Arc, invariablement annoncée dans tous les catalogues , avec le discours sur THistoire universelle , et les Oraisons funèbres deBossuet, etc., etc.

(2) Douces expressions de Burke, dans sa lettre au D. D. B., en parlant de l'Àisembiée nationale.

(3) Ifiti Dominus reliquiaei nobis iemen. haïe, 1, 9.

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et conduits par un esprit sur lequel la conscience ne saurait se tromper , toute la^ gloire remonte à eux ; et ils doivent être considérés, par tous les juges compétents, comme les véritables instituteurs du sacerdoce.

Contidéralions politiques.

L'erreur, redoublant toujours de force en raison de l'importance des vérités qu'elle attaque , s'est épuisée contre le célibat religieux ; et après l'avoir attaqué sous le rapport des mœurs, elle n'a pas manqué de le citer au tribunal de la politique , comme contraire à la population. On avait répondu à ses sophismes d'une manière victorieuse. Déjà Bacon, malgré les préjugés de temps et de secte , nous avait Tait penser à quelques avantages signalés du célibat (1). Déjà les économistes avaient soutenu et assez bien prouvé que le législateur devait ne jamais s'occuper directement de la population, mais seulement des subsistances. Déjà plusieurs écrivains appartenant au clergé avaient Ibrt bien repoussé les traits lancés contre leur ordre sous le rapport de la population. Mais c'est une singularité piquante , que cette force cachée qui se joue dans l'univers se soit servie d'une plume protestante pour nous présenter la démonstration rigoureuse d'une vérité tant et si mal à propos contestée.

Je veux parler de M. McUthus, dont le profond ouvrage sur le Principe de la population est un de ces livres rares après lesquels tout le monde est dispensé de traiter le même sujet. Personne avant lui, je pense,

(«) Sermones fidèles, etc. CVIll. (Op. l. X.)

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n*avait clairement et complètement prouvé celte grande loi temporelle de la ProTÎdence : Que nonseulement tout homme n'est pas né pour se marier; mais que dans tout état bien ordonné , il faut quil y ait une loi , un principe , une force quelconque qui s'oppose à la multiplication des mariages, M. Malthus observe que laccroissement des moyens de subsistance, dans la supposition la plus favorable, étant inférieur à celui de la population dans Ténorme proportion respective des deux progressions, Tune arithmétique et l'autre géométrique, il s'ensuit que Tétat, en vertu de cette disproportion, est tenu dans un danger continuel si la population est abandonnée à elle-même : ce qui nécessite la force réprimante dont je viens de parler.

Mais le nombre des mariages ne peut être restreint dans rétatqu*en trois manières : par le vice, par la violence ou par la morale. Les deux premiers moyens ne pouvant se présenter à Tesprit d'un législateur, il ne reste donc que le troisième, c'est-à-dire qu'il faut quil y ait dans l'état un principe moral qui tende constamment à restreindre le nombre des mariages.

Et voilà le problème difficile que l'Église , c'està-dire le Souverain Pontife, a, par sa loi de célibat ecclésiastique, résolu avec toute la perfection que les choses humaines peuvent comporter, puisque la restreinte catholique est non-seulement morale , mais divine, et que l'Église l'appuie sur des motifs si sublimes, sur des moyens si efficaces , sur des menaces si terribles, qu'il n'est pas au pouvoir de l'esprit humain d'imaginer rien d'égal ou d'approchant.

Salut et honneur éternel à saint Grégoire VII cl à ses successeurs qui ont maintenu l'intégrité du sacer-

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doce contre tous les sophisroes de la nature, de Texemple et de Thérésie !

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