LIVRE I, CHAPITRS
Considérons, d'ailleurs, que le caractère œcuménique ne dérive point, pour les conciles, du nombre des évêques qui les composent; il suffit que tous soient convoqués , ensuite vient qui veut. Il y avait cent quatre-vingts évéques à Gonstantinopleen 381; il y en avait mille à Rome en 1139, et quatre-vingtquinze seulement dans la même ville en 1512, en y comprenant les cardinaux. Cependant tous ces conciles sont généraux ; preuve évidente que le concile ne tire sa puissance que de son chef : car si le concile avait une autorité propre et indépendante, le nombre ne pourrait être indifférent, d'autant plus que , dans ce cas, Tacceptation de TÉglise n'est plus nécessaire, et que le décret , une fois prononcé, est irrévocable. Nous avons vu le nombre des votants diminué jusqu'à quatre-vingts; mais comme il n'y a ni canons, ni coutumes qui fixent des limites à ce nombre, je suis bien le maître de diminuer jusqu'à cinquante, et même jusqu'à dix; et à quel homme à peu près raisonnable fera-t-on croire qu'un tel nombre d'évêques ait le droit de commander au Pape et à l'Église?
Ce n'est pas tout; si, dans un besoin pressant de l'Église, le même zèle qui anima jadis l'empereur Sigismond s'emparait à la fois de plusieurs princes , et que chacun d'eux rassemblât un concile , où serait le conseil (Bcuménique et l'infaillibilité?
La politique va nous fournir de nouvelles ana-