‹ Du pape (volume 3)Chapitre 171 sur 208 · LIVRB III, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRB III, CHAPITRE VII

Ceux qui disent que les croisades ne furent pour, les Papes que des guerres de dévotion, n'ont pas lu apparemment le discours d'Urbain II au concile de Olermont. Jamais les Papes n'ont fermé les yeux sur le mahométisme, jusqu'à ce qu'il se soit endormi lui-même de ce sommeil léthargique qui nous a tranquillisés pour toujours. Mais il est bien remarquable que le dernier coup, le coup décisif, lui fut porté par la main d'un Pape. Le 7 octobre 1571 , fut enfin livré ce combat à jamais célèbre, <* le plus furieux combat « de mer qui se soit jamais livré. Cette journée glo- « rieuse pour les chrétiens fut l'époque de la décac< dence des Turcs, Elle leur coûta plus que des « hommes et des vaisseaux, dont on répare la perte; tt car ils y perdirent cette puissance d'opinion qui fait <( la principale puissance des peuples conquérants; c< puissance qu'on acquiert une fois et qu'on ne rec( couvre jamais (!). Cette immortelle journée brisa « l'orgueil ottoman, et détrompa l'univers, qui (( croyait les flottes turques invincibles (2). »

Mais cette bataille de Lépante, l'honneur éternel de l'Europe , époque de la décadence du croissant , et que l'ennemi mortel de la dignité humaine a pu seul

{i) M. deBonald. Législation prlinlllve, loro. lll, p. 288. Disc, poliliq. sur l'étal de TEuropc, § Vllï.

(2) Ces dernières expressions appartiennent au célèbre Cervantes , qui assista à la bataille de Lépante, et qui eut même l'honneur d'y être blessé. (Don Quixole, part. I, eh. XXXIX. Madrid. 4799, in-18, tom. IV, p. 40.) Dans Pavant-propos de la U« part., Cervantes revient encore à cette Tameuse bataille qu'il appi lie la mai alla occasion que vieron lot singlot pasadot^ lospretentes^ ni etperan ver los venidores. (Ibid. tom. V, p. VIll, édition de don Pelicer.}

Celui qui voudra assistera celte bataille peut en lire la description dans l'ouv. dé Gratianis Dé bèllô à^tio. Uome, 4664, in»4o.

tenter de ravaler (1) , à qui la chrétienté en f airelle redevable? Au Saint-Siège. Le vainqueur de Lépante rut moins don Juan d'Autriche que ce Pie Y dont Bacon a dit : « Je m'étonne que TÉglise romaine n'ait « pas encore canonisé ce grand homme (2). » Lié avec le roi d'Espagne et la république de Venise, il attaqua les Ottomans ; il fut Fauteur et Tâme de cette glorieuse entreprise qu'il aida de ses conseils, de son influence, de ses trésors, et de ses armes même, qui se montrèrent à Lépante d'une manière tout à fait digne du Souverain Pontife.

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