‹ Du pape (volume 3)Chapitre 173 sur 208 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION DE CE LIVRE. 55U · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION DE CE LIVRE. 55U

ché le front, demeurera toujours inférieure aux autres, tant dans la durée de ses règnes que dans le caractère de sa dignité et les formes de son gouvernement. Toute nation, même chrétienne, qui n'a pas assez senti Faction constituante , demeurera de même éternellement au-dessous des autres, toutes chotet égales d*ailleurs; et toute nation séparée après avoir reçu l'impression du sceau universel, sentira enfin qu'il lui manque quelque chose, et sera ramenée tôt ou tard par la raison ou par le malheur. Il y a pour chaque peuple une liaison mystérieuse , mais visible , entre la durée des règnes et la perfection du principe religieux. Il n'y a point de roi de par le peuple, puisque les princes chrétiens ont plus de vie commune que les autres hommes , malgré les accidents particuliers attachés à leur état ; et ce phénomène deviendra plus frappant encore, à mesure qu*ils protégeront davantage le culte vivifiant; car il peut y avoir plus ou moins de souveraineté, précisément comme il peut y avoir plus ou moins de noblesse (1). Les fautes des Papes, infini-

(I) La noblesse n'étanl qu'un prolo%gemtnt de la souveraineté, MÀ«MUM JoYis iNCRBMBNTVM, elle répète en diminutif tous les caractères de sa mère, et n'est surtout ni plus ni moins humaine qu'elle ; car c'est une erreur de croire que, à proprement parler, les souverains puissent anoblir ; ils peuvent seulement sanctionner les anoblissements naturels. La véritable noblesse est la gardienne naturelle de la Religion; elle est parente du sacerdoce, et ne cesse de le protéger. Appius Glaudius s'écriait dans le sénat romain : « La Religion appar- <r tient aux patriciens, ausmcia suht patrum. » Et Rourdaloue, quatorze siècles plus lard, disait dans une chaire chrétienne : « La sain- « teté, pour être éminente, ne trouve point de fond qui lui soit plus « propre que la grandeur. » ( Serm. sur la Goncep., p. 41. j C'est la même idée revêtue de part et d'avtre des couleurs du siècle. Malheur au peuple cbex qui les nobles abandonnent les dogmes nationaux I La France, qui donna tous les grands exemples en bien et en mal, vient

ment exagérées ou mal représentées, et qui ont tourné en général au profit des hommes, ne sont d'ailleurs que Talliage humain , inséparable de toute mtâ?/ton temporelle ; et quand on a tout bien examiné et pesé dans les balances de la plus froide et de la plus impartiale philosophie , il reste démontré que les Papeê furent leê instituteurs , les tuteurs, les sauveurs et les véritables génies constituants de l'Europe.

Au reste, comme tout gouvernement imaginable a ses défauts , Je ne nie point que le régime sacerdo-

de le prouver au monde ; car cette bacchante qu'on appelle révolution française, et qui n'a fait encore que changer d'habit, est une filie née du commerce impie de la noblesse française avec le philotophitme dans le dix-builiémo siècle. Les disciples de l'Aleoran disent « qu'un « des signes de la fin du monde sera l'avancement des personnes de « basse condition aux dignités éminentes. » (Pocok cité par Sale, Obs. hist. et crit. sur le mahom.,secl. IV.) C'est une exagération orientale qu'une Temme de beaucoup d'esprit a réduite à la mesure européenne. (Lady Mary Vortley Montagne's Works, tora. IV, p. 225, 224.) Ce qui parait sûr, c'est que, pour la noblesse comme pour la souveraineté, il y a une relation cachet entre la Religion et la durée des familles L'auteur anonyme d'un roman anglais intitulé le Poretter , dont je n'ai pu lire que des extraits, a fait, sur la décadence des familles et les variations de la propriété en Angleterre , de singulières observalions, que je rappelle sans avoir le droit de les juger. « 11 faut bien , « dit-il, qu'il y ail quelque chose de radicalement et é*aiarmiquement (( mauvais dans un système qui, en un siècle, a plus détruit la succesc< sion héréditaire et les noms connus, que toutes les dévastations pro- « duites par les guerres civiles d'York et de Lancastre et du règne « de Charles Ur ne l'avaient fait peut-être dans les trois siècles précé- « dents pris ensemble, etc. » {Anli-Jaeobin Review and Maga%ine, nov. 1803,noLVIII, p.249.)

Si les anciennes races anglaises avaient réellement péri depuis un siècle environ , en nombre atarmiquemmt considérable (ce que je n'ose point afflrmer sur un témoignage unique), ce ne serait que l'effet accéléré, et par conséquent plus visible, d'un jugement dont l'exécution aurait, néanmoins, commencé d'abord après la faute. Pourquoi la noblesse ne serait-elle pas moini conservée , après avoir renoncé à la Religion conservatrice? Pourquoi serait-elle traitée mieux qwe SCS maîtres, dont les règnes ont été abrégés?

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